‹ Le comte de FrontenacChapitre 169 sur 358 · Id., id · texte numérisé non relu

Id., id

scrupules, qu'il envoie les preuves de ces faits dé corruption. Aux griefs de l'intendant, La Salle répond que jamais il n'a donné de congé hors des limites de sa concession; il avoue seulement qu'en 1080, après les grandes pertes qu'il avait subies, il ne pouvait s'acquitter envers ses gens; pour les dédommager, il remit à plusieurs d'entre eux des autorisations écrites de traiter dans les dépendances du fort Frontenac, comme il en avait le droit; son but était, pendant son absence, de tenir ainsi le fort muni de marchandises, pour éviter que les Iroquois ne portassent leurs pelleteries aux Anglais; de même, en 1681, il a donné divers certificats à des compagnons qui venaient l'aider dans sa découverte, « afin qu'on ne les arrêtât pas comme coureurs de bois » *. La conduite de La Salle ne manque pas d'excuses, mais dès lors des conflits étaient inévitables- au fort Frontenac, par exemple, entre les agents de Plet et les hommes laissés par La Salle sous les ordres de La Forest : en juillet 1682, Duchesneau rend une ordonnance par laquelle il est fait défense « à La Forest et à toutes autres personnes de fournir aucunes marchandises pour être traitées audit fort, jusqu'à ce que Plet soit remboursé de ses avances » *. De plus, si La Salle essayait de trouver des compagnons en leur offrant part aux bénéfices de sa découverte, il était impitoyable pour ceux qui prétendaient s'y associer sans son aveu; les coureurs non munis de ses commissions étaient l'objet de toute sa rigueur; La Potherie assure que ses gens avaient permission de les piller, et les sauvages défense de traiter avec eux. La Salle agissait ainsi, parce que « le commerce qu^il faisait était le véritable moyen d'entretenir ces peuples, et qu'il ne pouvait réussir dans ses découvertes, s'il ne les attirait à soi ' », mais en accusant aux yeux des indigènes les divisions qui régnaient entre les Français, servait-il exactement les intérêts d'ensemble de la colonie? L'étendue de «ses concessions et découvertes » était mal déterminée; pour assurer des ressources à son entreprise, il voulut en reculer trop loin les bornes : ainsi s'expliquent les plaintes qu'il formule contre du Lhut et ses coureurs de bois et les réserves que Frontenac, d'abord tout acquis à ses projets, fut obligé de poser ensuite; la recherche d'une voie

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