‹ Le comte de FrontenacChapitre 204 sur 358 · Ar. col., C. G. Can., VIII · texte numérisé non relu

Ar. col., C. G. Can., VIII

TADOUSSAC ET BAIE D'nUDSON ^68

jaelqae temps cette station, en 1670, à la suite d'une épie petite vérole * ; mais les découvertes dirigées du côté de [ Uudson lui avaient rendu quelque activité ; sous le gount de La Barre, Riverin, ancien secrétaire de Duchesneau, a Ja ferme de Tadoussac à Jean Oudiette, fermier du d'Occident. Mais à peine y était-il établi, que les réclaafnuèrent à Québec; plusieurs habitants des cotes du t-Laurent assuraient que Riverin, sous prétexte de faire - les droits de la ferme, interdisait la traite sur des ter- |ui avaient toujours été francs de cette servitude. En effet, ne enquête de Tintendant, toutes les dépositions s'accorir condamner les prétentions de Riverin; les plus foront celles de deux anciens employés de la ferme, à ic même, Charles Gadieu de Courville, « interprète pour e algonquine », et Nicolas Juchereau de Saint-Denis, ois et habitant de Québec ». Jamais, d'après ces témoins, cires litigieux n'ont relevé de la ferme; Riverin a seuleilu abuser de ses protections pour faire le commerce à re compte; les associés de la nouvelle Compagnie de la Lidson en fournissent aussi des preuves non équivoques, ident la suppression du privilège de Tadoussac, dont il n si fâcheux abus '.

jrent pas gain de cause, et c'est regrettable, car il eût eine, à ce moment, de soutenir les tentatives canadiennes eers la baie d'Hudson: une association, dont faisait partie lier LaMartinière, s'était formée î\ Québec, au printemps ; elle demandait à Seignelay quelques franchises de puis, avant même d'attendre la réponse, organisait sa

campagne; La Martinièrc en personne se rendit à la is il y rencontra les Anglais bien établis et fut obligé de contre eux mille précautions; ainsi peu libre de ses mou-

il ne put presque pas traiter et revint à Québec : les

dit-il, sont soutenus par une Compagnie puissante; ils

eux trois ou quatre renégats français qui connaissent le

î Canadiens ne sont qu'une poignée de trappeurs à peine

m vaisseau du roi leur serait nécessaire pour s'emparer

îvoix, I, 428.

>!., C. G. Can., YI, 424437 ; VII, 223.

fU 263.

des postes anglaise Sous Denonville seulement, en 1686, Texpédition dès lors projetée aura lieu, mais sans être suivie d'établissement assez solide. Elle eût été possible dès 4684, avec le concours de du Lhut qui, du pays des Cristinaux, écrivait au gouverneur : « avant deux années, il ne descendra plus un sauvage chez les Anglais de la baie d'Hudson; déjà un fort a été construit près du lac Alempigon; un autre sera prochainement élevé; la traite sera ainsi détournée au profit du Canada'. » On ne devait donc rien épargner pour réussir dans ce dessein, et pourtant La Barre n'avait rien su faire : ces renégats français dont parle La Martiniêre, ce sont précisément Radisson et des Groseillers, qui, mécontents de l'accueil reçu à Québec, avaient repassé aux Anglais et réoccupé pour leur compte les postes de la baie; il ne semble pas non plus que La Barre ait jamais sollicité du ministre le vaisseau dont la compagnie avait besoin. Aussi, les Anglais se fortifiant dans leurs stations, on constatait à Montréal une diminution notable du nombre des sauvages du nord venant traiter avec les Français '. La faute, cependant, n'est pas toute au gouverneur : le ministre, sur le conseil de Meulles, avait projeté l'abolition du privilège de Tadoussac, et demandait seulement aux habitants de procurer par ailleurs au fermier une ressource équivalente : ceux-ci, plutôt que de proposer une taxe nouvelle, s'étaient prononcés pour le statu quo\ comme dans la querelle des dîmes, ils estimaient qu'en matière d'impôts changement vaut aggravation; ils perdirent ainsi l'occasion de faciliter l'occupation française de la baie d'Hudson en débarrassant la compagnie de la concurrence de Tadoussac *.

La Salle, qui avait été le plus ancien des protégés de Frontenac, fut, par là même, la victime contre laquelle La Barre s'acharna le plus sans voir combien il importait de laisser la direction des affaires illinoises à celui qui connaissait le mieux le pays, pour ravoir pratiqué plusieurs années; La Barre consacra tous ses efforts, d'abord à rendre la situation de La Salle intenable, ensuite à l'évincer de tous les postes qu'il avait si péniblement fondés; il ne comprenait pas qu'en embrouillant à plaisir les rivalités indi-

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