‹ Le comte de FrontenacChapitre 21 sur 358 · Voir la Helalion de ce voyage dans Margry, 1, 109 ss · texte numérisé non relu

Voir la Helalion de ce voyage dans Margry, 1, 109 ss

5. Les documents sur ce voyage sont la Relation des Jésuites pour f67f-72i p. 152 ss., et le mémoire de Talon du 2 nov. 1671, dont Margry donne des extraits, 1, chap. V. — Voir aussi Charlevoix, I, 416.

LE COMTE DE PROMTEIfAC 2

convoquer les chefs des tribus voisines à une assemblée générale; ils leur vantèrent la puissance de la France, qui avait su contraindre les Iroquois à la paix, les invitèrent à descendre pour pécher, chasser et trafiquer au milieu des Français, et regagnèrent Québec, en août 1G72, après avoir franchi plus de quatre cents rapides. Talon voulait surtout savoir d'eux « s'il n y avait pas lieu de faire dans la baie un entrepôt capable de fournir un jour des rafraîchissements aux vaisseaux qui pourront ci-après découvrir par cet endroit la communication des deux mers du Nord et du Sud ». Nous retrouvons ici cette idée de la recherche d'une voie nouvelle entre l'Europe et l'Asie orientale, qui était celle de Cavelier de la Salle et des premiers explorateurs de l'Ouest canadien.

L'Acadie avait été occupée par les Anglais à la faveur de l'alliance conclue par Louis XIV avec leurs ennemis les Hollandais; elle nous avait été restituée en 1667 par la paix de Bréda, et M. de Grandfontaine chargé d'en reprendre possession s'y était installé en 1670; d'après le recensement dressé par ce gouverneur, en 1671, il y avait à Port-Royal 373 habitants, répartis en 68 familles; très peu d'arpents de terre étaient cultivés; les colons vivaient surtout de chasse et de pêche; Ils entretenaient des relations amicales avec les tribus abénaquises, très hostiles aux Anglais. Quelques Français, comme Saint-Castin, vivaient à la manière des indigènes, et leur influence était grande sur les Abénaquis. On les appelait capitaines de sauvages ^

L'Acadie n'avait que des relations rares avec le Canada, dont elle était séparée par une large zone de forêts; cependant la richesse de ses pêcheries, la condition privilégiée de ses ports, qui sont libres toute l'année, sa proximité même des rolonies anglaises en montraient l'importance aux gouverneurs désireux d'afl*ermir la situation du Canada français. Par l'intermédiaire des Abénaquis, il était facile d'inquiéter les colons de la Nouvelle- Angleterre, en même temps que des communications régulières avec les ports acadiens auraient rendu plus aisé le ravitaillement du Canada. Colbert avait remarqué * tous ces avantages, et Talon, évidemment d'accord avec lui, envoya vers les frontières franco-

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