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Canada, la voie naturelle était la vallée du Wiscoasin, puis, par un court portage, la rivière des Puants, d'où Ton gagnait la baie de ce nom et Tile de Michillimackinac.
Le théâtre d'action de du Lhut était plus septentrional ; parti lui aussi de Michillimackinac, il s'était avancé le long du lac Supérieur dans un pays sauvage, où d'étroites vallées entaillent brusquement, comme des chemins creux, les granits du plateau ; (lavait fondé un poste sur la rive nord du lac à Kamaneistigouia, puis un autre près du lac Alempigon, auquel il donna le nom d'un de ses frères, La Tourette *. Le fort La Tourette correspondait sans doute à une station de traite qui existe encore aujourd'hui sur le lac Nipigon; quant à l'autre, il occupait probablement la place où s'élève maintenant le fort William, tête de ligne de la navigation intérieure des Lacs : un village voisin porte encore le nom de Raministiqua. De là, du Lhut était en relations fréquentes avec Michillimackinac; il descendait même à Montréal au moment des foires annuelles, et Duchcsneau l'avait accusé de faire la traite d'accord avec Frontenac. Ces établissements avaient une grande Valeur, parce qu'ils pouvaient commander le ravitaillement par terre des postes de la baie d'IIudson; déjà du Lhut l'indiquait à Frontenac, dans ses lettres de 1079; quelques mois plus tard, il le faisait également remarquer à Seignelay, dans un mémoire où il demandait au ministre la concession des pays par lui découverts. Il ne paraît pas qu'il l'ait obtenue; la Cour était alors peu favorable aux expéditions lointaines, et faisait à peine une exception pour celle de La Salle *. Comme Nicolas Perrot, du Lhut était Tort habile dans ses relations avec les sauvages; à Michillimackinac ou au Saut-Sainte-Marie, il rencontrait souvent des indigènes de diverses nations Kiskakons, Folle-Avoine, Sauteurs, tous 'V'oisins du lac des Illinois (Michigan), parfois aussi des Nadoue- »ioux. Comme Perrot, il travaillait à maintenir la paix, nécessaire siux succès des traitants français, mais toujours si précaire entre t^nt de tribus rivales; il y avait réussi jusqu'au milieu de 1G83. Mais à ce moment des troubles éclatent; c'est l'époque où du Lhut, s associant aux rancunes de La Barre, a quitté ses postes <^uhaut pays pour participer à la spoliation de La Salle; il semble
<• Nicolas Perrol, 132.— Carie de Franqueliu. — Cf. Suite, V, 145. — Marry, VI, 20.