Ar. col., C. G. Can., II
2. Talon à Colbert, mém. cilé. — Patoulet à Colbert, 25 janv. 1072. Ar. col., C. G. Can., 111, 279.
pées autour du gouverneur et de l'intendant, vont entraver le progrès.
Cependant, malgré tous les obstacles. Talon et Courcelles ont, en huit ans, accompli une œuvre considérable : stimulés par les encouragements de Golbert, ils affirment leur volonté de prendre en main la direction du pays; sans doute, ils restent très dévoués à Tœuvre de la diffusion du christianisme parmi les indigènes, mais là n'est plus le but unique de leurs eiïorts : leurs entreprises sont politiques autant que religieuses. Ils ont assuré par des démonstrations militaires le prestige de la Nouvelle-France ; ils ont, avec le concours d'habitants nombreux venus du vieux pays^ développé les établissements agricoles de la colonie; une industrie naissante eût pris un essor rapide si le mouvement de Fémigration n'avait été ralenti d'abord, puis arrêté dès les premières années de la guerre de Hollande ; ils ont enfin, en protégeant des explorations de divers côtés, indiqué à leurs successeurs par où le Canada français doit grandir.
En 1671, las d'une existence de labeur incessant, Courcelles avait demandé son rappel. Il partit dès que son successeur Frontenac fut arrivé à Québec, et bientôt l'intendant le suivit. Quelques mois après son retour, Talon présenta au ministre plusieurs mémoires sur la Nouvelle-France. Il croyait en l'avenir du Canada : « Je ne suis pas un homme de cour, déclarait-il *, et je ne dis pas par la seule passion de plaire au roi et sans un juste fondement que cette partie de la monarchie française deviendra quelque chose de grand. » A Frontenac, maintenant, la charge d'accomplir cette prophétie.