‹ Le comte de FrontenacChapitre 266 sur 358 · Count Frontenac, p · texte numérisé non relu

Count Frontenac, p

« à leur frère l'Iroquois qui prie », c'est-à-dire aux chrétioDS du Saut, Texpression des regrets les plus sincères : « pleurons ensemble, disait leur ambassadeur, les braves que nous avons perdus sans que leur mort nous renverse l'esprit et sépare nos cœurs, que la prière et l'amitié unissent depuis si longtemps *. » Llncident n*eut pas d'autre suite.

Cependant les Anglais, très inquiets de Tattitude offensive que prenaient les colons de la Nouvelle-France, commençaient à concerter un plan de résistance ou même de contre-attaque. L'activité des Français et de leurs alliés au printemps de 1090 avait avivé rhostilitc chronique entre les Abénaquis et les habitants de Test, en même temps qu'elle ébranlait, plus à l'ouest, ralliancc anglo-iroquoise ; les Cinq-Nations penchaient toujours, entre les Français et les Anglais, du côté des plus forts : lorsque, après le pillage de Corlaer, le gouverneur d'Orange avait voulu lancer les Agniers, jadis ses alliés fidèles, contre les Français en retraite, il n'en avait décidé qu'un petit nombre et non sans peine -; aussi les colons qui ne s'étaient jamais piqués d'une grande soumission envers l'Angleterre demandaient-ils maintenant l'appui de la métropole, tandis qu'entre New- York et Boston, on préparait le plan d'une campagne en commun. L'Angleterre n'envoya rien, non pUïs que Louis XIV à Frontenac; ce sont donc bien les deux sociétés coloniales qui vont se mesurer avec leurs ressources propres et, pour la première fois, en venir aux mains directemenL

Qu'il y eut coopération, en 1690, de New-York et de Boston contre les Français, le fait est incontestable; Parkman lui-même, quoiqu'il laisse supposer par le titre même d'un de ses chapitres* que les Bostonnais seuls firent campagne, reconnaît qu'une entente générale était intervenue au congrès de New-Y'ork tenu au mois de mai; mais il n'est pas probable, quoi qu'il en dise, que l'idée première du plan de campagne adopté soit venue des Iroquois; ces indigènes, avertis par les premiers succès de Frontenac, étaient trop avisés pour prendre ainsi l'initiative d'un conflit dont l'issue était au moins douteuse. Tout au plus suivirent-ils les Anglais, et sans enthousiasme. A ce moment Phips, commandant d'une Hotte de la Nouvelle-Angleterre, était occupé à con-

\. La Pollicrio, II J, 81-88.

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