Count Frontenac, p
2. Le pillage de l'ile Percée est attribué par La Potheric non point à Phips, mais à des forbans indépendants (III, 90). Charlcvoix dit au contraire que l'île fut prise par Phips (II, 71), mais son récit paraît inexact : l'intendant Champigny (Mém. de nov. 1690, Ar. coi., C. G. Can., XI) dit que des flibustiers continuèrent en Acadie Tocuvrc de pillage des Anglais.
3. Lettre XIX. — Cf. La Potherie, lll, 122. — D'après Parkman C. Fr., 236), il n'y aurait eu que 7 à 800 Anglais; mais il faut compter en plus les auxiliaireb iroquois.
cendit par le lac Ghamplain, tandis que Boston armait saflott
Frontenac, récemment informé de la perte de TAcadie, était aloi
à Montréal, où il présidait la foire des pelleteries et ralliait hab
lemcnt aux Français tous les sauvages du haut pays; sachai
rîle bien gardée, les Anglo-Iroquois n'osèrent point s'y aventurei
et le gouverneur général, qui avait retenu les traitants indigène
auprès de lui, dans la crainte d*une attaque, n'hésita pas à 1(
congédier, sur les nouvelles qu'il reçut bientôt : les Anglai
avaient apporté parmi les Iroquois la petite vérole ; une centain
de sauvages avaient déjà succombé, les autres refusaient d'allc
plus loin, accusant leurs alliés de sortilège, parce qu'ils le
voyaient résister au mal avec plus de vigueur que leurs comp;
triotes; seuls quelques Anglais commandés par Schuyler, gou
verneur d'Orange, poussèrent une pointe jusqu'à la prairie de l
Madeleine et, tombant sur les habitants qui moissonnaient, brO
lèrent les récoltes, emmenèrent les bestiaux, et tuèrent piusieur
hommes : colons de New- York et du Canada faisaient alors 1
guerre de la même manière, à la sauvage. Malgré cet inciden
de la Madeleine, l'expédition partie de New- York se terminait
sans même avoir atteint son but, par un échec; les Anglai
avaient-ils perdu tout leur prestige sur les Iroquois? C'est pro
bable, quoique par un reste d'habitude le chevalier d'O, déput
de Frontenac, fût encore envoyé prisonnier dans leurs établisse
ments; la contagion de la petite vérole, plus encore les disposi
tions nouvelles des sauvages du haut pays, si adroitement gagné
par Frontenac, rompirent une union que les fautes de La Barn
et Denonville avaient entretenue jusqu'alors : la retraite du con
tingent de New-York est la meilleure preuve que la politiqui
indigène de Frontenac avait déjà porté des fruits.
Tandis qu'échouait de cette manière l'armée de terre, Phipj conduisait contre Québec la Hotte de Boston '. Frontenac étai encore à Montréal, et ne paraissait point se douter du danger qu; menaçait sa capitale; il n'en fut prévenu qu'au dernier moment par l'entremise de quelques chefs Abénaquis; aucune nouvelle n'était en effet venue au Canada des préparatifs qui se faisaient à Boston; on pensait que Phips, après ses succès d'Acadie, ne
1. On trouvera les documenls les plus complais sur le siège de Québec dans le livre de M. Ernest Myrand, Phips devant Québec.
recommencerait point la campagne avant l'iiiver; on ignorait donc les dispositions très précises arrêtées au Congrès de New-York, et Frontenac ne devait guère supposer que les Bostonnais, qui ne s'étaient point encore affirmes comme une population militaire, attaqueraient Québec, la seule place vraiment forte du Canada; il avait fait cependant relever les remparts, mais, sans Tavis qui en fut donné par les Abénaquis, Tarrivée de Phips devant Québec eût été une surprise, et probablement une surprise heureuse.
Frontenac achevait, au milieu d'octobre, d'assurer pour l'hiver la défense de Tile de Montréal, lorsqu'il reçut un exprès que le major de Québec, Prévost, lui avait envoyé en toute hâte : d'après la relation de Monseignat, le canot qui amenait cet homme serait monté de Québec à Montréal en trois jours '. Prévost mandait les nouvelles apportées à Québec par un chef Abénaqui, spécialement délégué de ses compatriotes pour avertir les Français : une flotte anglaise de trente vaisseaux avait quitté Boston pour venir prendre Québec. « J'ai été douze jours à venir, ajoutait l'indigène, il doit y avoir maintenant six semaines du départ de ces vaisseaux. » Prévost pensait, d'après cet avis, que les Anglais ne devaient pas être fort loin et en effet, un habitant des côtes arrivant à Québec lui déclarait les avoir aperçus à la hauteur de Tadoussac; il priait donc Frontenac de rentrer aussitôt que possible; en attendant, lui-même faisait travailler aux fortifications et tracer un retranchement continu de la maison de l'intendant au cap Diamant. Le gouverneur général aussitôt donna ses ordres ; 300 hommes immédiatement disponibles durent l'escorter jusqu'à Québec; Callières, laissé au commandement de Montréal, eut mission d'en réunir un plus grand nombre et de les amener sans perdre une heure. Frontenac partit en avant et, recevant en route des nouvelles plus précises, envoya dire à Callières de joindre les milices aux troupes réglées de Montréal : le 14 octobre, à dix heures du soir, il était à Québec; le 16, la flotte anglaise, forte de trente-quatre voiles, paraissait à la pointe de l'ile d'Orléans.
Pendant les quelques jours qui avaient précédé, chacun à Québec avait fait son devoir, et la plus parfaite concorde régnait entre tous; le major avait mobilisé les milices des côtes voisines, car on comptait sur une tentative de débarquement, soit à Beau-