Jug. du Cons. Souv., I
Son père, « premier maître d*hôtel et capitaine du château de Saint-Germain-en-Laye * », était un des familiers de Louis XIII; lui-même fut le propre filleul de ce roi. Soldat de bonne heure, Louis de Buade servit successivement en Flandre, en Italie, en Allemagne, devant Candie *. A la bataille d'Orbitello, où périt Brézé, il était « maître de camp au régiment de Navarre » ; c'est là qu'il eut un bras cassé ', blessure dont 11 ne guérit jamais complètement. Il assistait, en 1664, à la journée de Saint-Gothard et rétablissement au Canada des soldats de Carignan-Salières, qui prirent part à ce combat, fut peut-être une des raisons de sa nomination dans la Nouvelle-France.
Il ne paraîtra pas utile de rechercher ici quel put être le rôle du comte de Frontenac pendant la Fronde, ni de raconter les circonstances de son mariage, assez romanesque, avec la « divine » Anne de la Grange-Trianon. Il suffira de noter que M''" de Montpensier *, dont M"* de Frontenac était Tune des dames d'honneur, remarquait les goûts du comte pour la parade et l'ostentation : (( il en usait comme si on lui eût dû de grands devoirs »; il se vantait de sa table, de sa vaisselle, de ses habits, de ses chevaux. Ailleurs, elle nous laisse entendre que les deux époux ne vivaient pas en parfaite intelligence ', et tire de là de maussades conclusions contre les mariages d'amour ; il est fâcheux qu'à l'époque de la nomination de Frontenac au Canada, qui est pour nous la seule vraiment intéressante, M"" de Montpensier ne parle plus guère que de Lauzun.
Saint-Simon n'est pas, malheureusement, beaucoup plus explicite *^; « Frontenac était, dit-il, un homme de beaucoup d'esprit,
1. Journal cTH^roard. médecin de Louis XII [. Ed. Didot, 18C8, II, 22.
2. Voir le résumé de sa carrière dans la Préface du livre du P. Leclercq, qui est dédié à Frontenac.