Cf. UD mém. de 1693. Ar. col., C. G. Can., XII
Les Anglais s'attendaient à trouver un pays presque abandonné déçus par le nombre imprévu des combattants, ils se retirèren M sans grand dommage pour personne *.
Arrivé en France, La Hontan fît peut-être valoir avec quelque exagération les services qu'il avait rendus à Terre-Neuve *; car i'M obtint une commission de lieutenant du roi pour cette île, avecune compagnie franche de cent hommes; le ministre, d'autre part, félicitait Brouillan du départ des Anglais en 1692, lu/ envoyait cinq cents livres de gratification, et le prévenait qu'à défaut de vaisseaux de la marine de guerre, il en recevrait probablement des armateurs de Saint-Malo'; en effet des marchands bretons avaient accepté d'entretenir à leurs frais la garnison de Plaisance. Le retour de La Hontan, quoiqu'il fût placé sous les ordres du gouverneur de Terre-Neuve, mécontenta celui-ci; des disputes éclatèrent entre les deux officiers. Us ne furent d'accord que peu de jours, lorsque la flotte de sir Francis Wheeler *, forte de vingt-quatre voiles, vint menacer leur résidence ; mais Wheeler avait échoué aux Antilles ; ses compatriotes l'avaient fort mal accueilli à Boston, parce que ses équipages étaient atteints de la peste ; voyant qu'il ne pouvait enlever Plaisance par surprise, il se contenta de lui envoyer quelques décharges d*artillerie et partit, sans même avoir ^enté de débarquer. Peu de jours après, La Hontan, compromis passes démêlés avec le gouverneur, s'embarqua furtivement pour l'Europe. U gagna la côte de Portugal *, et sa carrière aventureuse continua depuis, loin de la Nouvelle- France. Aucune entreprise contre Terre-Neuve ne sera plus organisée jusqu'en 1696; La Hontan, qui a gardé rancune au gouverneur, prétend que sans l'esprit mercantile de cet officier, » qui faisait le pêcheur, le marchand, le cabaretier et cent autres métiers de la plus basse mécanique * », Plaisance fût devenue dès lors, au centre des pêcheries, un poste considérable. C'était aussi