‹ Le comte de FrontenacChapitre 290 sur 358 · La Potherie, IV · texte numérisé non relu

La Potherie, IV

laine; quatre autres, faits prisonniers, (c furent rôtis, comme ils ont coutume d*en user dans les cantons avec les Français qu'ils attrapent ». Et Cadillac, parmi les occupations d'une vie si bien remplie, trouvait encore le temps de préparer une carte du pays*.

Frontenac avait donné aux autres commandants les mêmes instructions qu'à La Mothc Cadillac; aux Miamis, Courtemanche conservait sa situation ; La Forest et Tonty, retournés aux Illinois, devaient envoyer au gouverneur général un journal « de ce qu'ils auraient fait pour mettre en action les indigènes contre les Iroquois ». Du côté du fort Frontenac, Louvigny avec des Français et des sauvages chrétiens, prenait quelques Onnontagués ' dont quatre étaient brûlés par nos alliés, à Montréal. Enfin Nicolas Perrot était retourné à ses établissements du grand ouest, après an séjour aux Miamis. Son but était de calmer les Outagamis, les Maskoutens et les autres nations du lac Michigan, fort irritées contre les Nadouesioux qui leur avaient enlevé plusieurs guerriers; pendant qu'il négociait en ce sens, une attaque en trahison des Nadouesioux vint tout compromettre; Perrot fut obligé de se prononcer publiquement contre ce peuple et d'annoncer qu'il lui ferait la guerre au printemps de 1695; mais une intervention amiable des Outagamis et plus encore la mésintelligence qui régnait entre les divers ennemis des Nadouesioux, préservèrent cette nation et maintinrent la paix ; Perrot put même envoyer de de la Baie des Puants une soixantaine d'hommes contre les Iroquois '.

Ainsi réussissait la politique de Frontenac; malgré les Anglais de New-York, le gouverneur général restait l'arbitre de la paix. Champigny, dont la mauvaise humeur contre son chef est ordinaire, signale méchamment que « toutes les assurances de M. le comte et les très beaux présents dont il les accompagne n'ont pas empêché nos alliés de faire des mouvements vers les Iroquois ^ » ; il n'ajoute pas que, sans ces assurances et surtout sans

1. Letire de La Mothe Cadillac, 16 août 1695. Ar. col., C. G. Can., XIII, 261.

— La Potherie, 111, 263 ss.

2. Letire des administrateurs, 10 nov. 1695. Ar. col., C. G. Can., XIII, 303.

— La Potherie, IV, 12 ss.

3. Nous sommes réduits sur ces incidents à un très court paragraphe de Nicolas Perrot (éd. Tailhan, chap. 25) et à quelques pages extrêmement confuses de La Potherie (II, 323 ss.).

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