‹ Le comte de FrontenacChapitre 314 sur 358 · Lettre du 26 oct · texte numérisé non relu

Lettre du 26 oct

LE COMTE DB PRONTBIfAC 29

colie et comme le dessein de réagir contre une impression dominante d'œuvre incomplète et que Ton n'achèvera plus. ^

Frontenac ne perd pas Toccasion de noter les services que lui a rendus le fort du lac Ontario, dont la construction préalable lui a seule permis d'entreprendre une expédition devenue nécessaire; il recommande Callières, qui a de nouveau montré les plus rares qualités; il parle enfin de lui-même et non sans tristesse : « Je ue sais si Votre Majesté trouvera que j'ai essayé de m'acquitter de mon devoir et si, après cela, Elle me croira digne de quelque marque d'honneur, qui puisse me faire passer avec quelque distinction le peu de temps qui me reste à vivre; de quelque manière qu'Elle en juge, je la supplie très humblement d'être persuadée que je lui sacrifierai le reste de mes jours avec la même ardeur que j'ai toujours eue pour son service*. » Le comte de Frontenac, â l'époque de la guerre des Onnontagués, allait avoir soixantequinze ans; jamais le roi ne lui avait accordé d'autres récompenses que des gratifications pécuniaires; Callières, au contraire, quoique depuis moins longtemps dans la Nouvelle-France, avait, en 1094, reçu la croix de Saint Louis '. Il fallut la campagne contre les Onnontagués pour qu'enfin Frontenac obtint la même distinction ; le brevet lui parvint par les vaisseaux de 1697 •; comme il en avait le pressentiment, il n'en put donc jouir que quelques mois.

En rentrant à Québec, Frontenac trouva l'ordonnance rovale du 21 mai 1696, tout récemment arrivée de France *, qui portait suppression complète des congés de traite; ceci l'excusait d'avoir entrepris la guerre de l'été précédent et dut augmenter ses regrets de n'avoir pas contraint les Iroquois à une bataille où il les eût décimés; ces sauvages réduits à l'impuissance, on aurait pu encore, sans les coureurs, entretenir des relations avec

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