‹ Le comte de FrontenacChapitre 318 sur 358 · SUPPRESSION DES CONGÉS · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES CONGÉS

par sa découverte la Louisiane au Canada, le Mississipi au Saint- Laurent?

Et les fermiers avaient sur Frontenac Tavanlage de s adresser directement, tous les jours, au roi et au ministre, la faoililô do gagner des convictions par l'exposé persévérant des diflîouUés de leur entreprise, celle aussi d'acheter des concours au meilleur moment; d'autres plaintes, celles des missionnaires, ajoutaient h Tautorité de leurs observations, et les lettres de Frontenac, arrivant une ou deux fois chaque année, ne suflîsaient pas à réagir. Les officiers les plus distingués de la Nouvelle-France, Callièrea, La Mothe Cadillac écrivaient au ministre dans le même sens (|uo le gouverneur; mais l'intendant, toujours ménager d'avis indépendants, contribuait par les insinuations ou les maladresses do sa correspondance à ruiner le crédit de Frontenac. Voilà comment on doit expliquer les décisions du ministre Pontchartrain, qui ne manquait pourtant ni d'intelligence ni de fermeté; tant de raisons conspirèrent à lui représenter la traite comme un simple commerce, qui ruinait des marchands et pervertissait les sauvages, qu'il crut bien faire en la proscrivant. L'erreur est certaine, mais ce n'est pas lui qui doit en porter la responsabilité principale.

En effet, pourquoi la traite était-elle devenue l'occupation essentielle de beaucoup de Canadiens? C'est qu'ils n'en pouvaient plus trouver d'autres, depuis que l'hostilité des Iroquoi», provorpiéc par La Barre et Denonville, condamnait nombre d'habitants k laisser leurs terres incultes. Il est vrai que ce commerce était parfois l'occasion de conflits avec les sauvages ; mais c'est la guerre iroquoise qui avait multiplié les traitants, qui par contre-coup encombrait les marchés du castor et menar;ait la fortune des fermiers; on voit où est la faute, si c'est du cùté de Frontenac qui avait jadis si sagement maintenu la paix, ou du cAté de ses adversaires, laissés maitres après son départ de la politir|ue canadienne. Aussi bien, le gouverneur n'avait-il jamais été partisan de la liberté absolue de la traite; diaprés Oillières', il aurait, avant de rien savoir des intentions de la (>)ur, rappelé plusieuni Français de Michillimackinac ; c'est que ceux-lÀ des»^;rvaienl Ma politique. Mais il fallait des traitants; dans les postes, les officier» détachés et les soldats vivaient surtout de leurs échangei» avec

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