Les administrateurs au ministre. Id,, XV
4. Champigny au ministre, 13 août, 10 et 24 octobre 1697. /d., id.., 84, 112, 127, 143.
au service de Ghampigny, La Touche, raconte que La Mothe Cadillac se livre à toutes sortes d*exactions; il saisit arbitrairement des castors aux voyageurs; « jamais homme n'a tant amassé de bien en si peu de temps ». Des particuliers lésés par ces violences auraient voulu que Ton confisquât à Québec, pour les indemniser, tout le castor de La Mothe Cadillac; mais le gouverneur, qui protège cet officier, s'y est opposé *. En revanche, l'intendant est favorable aux sauvages des missions; il faut leur continuer des subventions, car ce sont « les seuls presque que l'on peut mettre en mouvement contre nos ennemis »; il n'y a pas dans toutes les troupes canadiennes trois cents hommes capables de les suivre, et ils coûtent peu à proportion des soldats.
Champigny maintenant considère que l'abolition de la traite, du moment où le roi la décidée, doit être le souci principal de -sa charge. 11 se propose avant tout Texécution des ordres reçus; quoi qu'il pense de l'utilité des postes éloignés, il « fait cesser ses raisons, car, tant qu'on aura ces postes, il sera impossible d'empêcher la traite selon les intentions de Sa Majesté * ». Comme Frontenac, il est d'avis que les officiers ne peuvent subsister sans faire le commerce avec les sauvages ', mais, au lieu de conclure qu'il faut rapporter, en ce qui les concerne, les ordonnances de 1696 et 1697, il déclare qu'il fera tout son possible pour exécuter ponctuellement les instructions de la Cour; il ne montre même, quand il écrit seul au ministre, aucune mauvaise humeur; au contraire, dans les lettres qu'il rédige de concert avec le gouverneur, on sent à l'ironie de certaines phrases, percer Tamertume d'un regret; « à quoi bon, dit l'une d'elles, donner à Le Sueur des concessions sur le Mississipi, puisque la traite du castor lui est interdite; qu'importe qu'il ait découvert des mines de plomb et de cuivre, s'il ne peut continuer son œuvre *! » Souvent donc ces mémoires communs, malgré les précautions de langage qu'un tel genre de correspondance exige, portent le cachet personnel de Frontenac.
En présence des ordres réitérés du ministre, le gouverneur dut