Margry
2, Ar, col,, C. G, Can., V, 15.
3, Margry, I, 275.
. Ar, col,, M. S, M., IT, 32, — Cf. Mém. cité de Frontenac, 1677. Margry, 1, 307.
5, Charlevoix, [, 452. — Frontenac prétend que, la Prairie étant toute défrichée, les Jésuites avaient hâte d'établir ailleurs les ouvriers iroquois
concession inutile, refusa d'en délivrer le titre ; il informa la Cour, en déclarant que l’objet principal du P. Frémin, directeur de la mission, avait été d'isoler les Iroquois des Français, dont quelques-uns étaient établis à la Madeleine ‘. Charlevoix dit même qu'il y eut, à cette occasion, des scènes violentes entre le gouverneur et l’intendant. La Cour donna tort à Frontenac : des lettres patentes du 30 mai 1680 confirmèrent la donation faite par Duchesneau ?, «à la charge toutefois que ladite terre appartiendrait toute défrichée à Sa Majesté, quand les Iroquois l’abandonneront ». L'évèque, de son côté, profitait de l’amitié des Jésuites ; un sieur Beaumont, dans une lettre de 1681 ou 1682", se plaint que ces Pères, directeurs de la conscience de sa mère, l’ont pressée de vendre une de ses terres pour étendre l’enclos de l’évêché, que l’évêque refuse de payer quatre mille livres, quoique la vente ait été faite à vil prix, que, pour se venger des observations qu'on lui adresse, il a privé de service religieux la seigneurie de Beaumont, qui compte cinquante habitants. Avec une cure fixe, comme celles que réclamait Colbert, cet abus n’eût pas été possible ; mais Beaumont eût-il consenti à payer le curé? Cet incident est instructif, car il établit, par une preuve nouvelle, l'union de l’évèque et des Jésuites, si souvent dénoncée par Frontenac, et si rarement apparente dans la plupart de nos documents.
Sous ce régime de domination d’un clergé presque monastique. la population laïque était l’objet d’une surveillance de tous les instants; nous n'avons aucune raison de croire que la valeur morale de ces premiers colons fût inférieure à celle des Francais de France, à la même époque; car on n'a plus, de nos jours, à réfuter l'erreur que le Canada fut d’abord peuplé des rebuts du vieux pays ‘. On ne comprend donc guëre les plaintes de l’intendant Duchesneau contre les excès du luxe, l’ivrognerie, les débaurches de tous genres de ses administrés; Colbert était obligé de modérer le zèle réformateur de ce trop vertueux fonctionnaire *.
dont ils s'étaient servis, afin de pouvoir affermer la Prairie à des Francais (Margry, 1, 320).