Voir ci-dessus, chap. IV
2. l’évêque revint par les vaisseaux de 1680. Sa présence au Conseil est signalée le 29 octobre de cette année.
batailleuse semble ne pouvoir se passer d’'adversaires, va s’'engager dans des luttes violentes avec l'intendant et le Conseil, ne voulant pas, disait-il, laisser humilier le roi en sa personne. Non seulement Frontenac n'a rien fait pour prévenir ces conflits, mais tout au contraire, il les a cherchés et comme envenimés à plaisir; pourtant la responsabilité originelle remonte à d’autres que lui, soit à Colbert lui-même, soit aux bureaucrates de son entourage, qui s’entêtaient à multiplier les fonctionnaires au Canada, d'après le système de France. L'édit du 5 juin 1675 se proposait évidemment de fortifier le Conseil Souverain ; un autre édit, postérieur de deux années, vint en atténuer l'effet, en restaurant la prévoté de Québec, c’est-à-dire un tribunal de première instance, qui existait à l’époque de la Compagnie des Indes et n’avait pas été complètement reconstitué depuis la chute de cette société. En 1676, nous trouvons seulement à Québec un lieutenant général chargé de la police, Louis Chartier : et, dans une séance du Conseil Souverain à laquelle assistait l’évêque, ce fonctionnaire dut comparaître, sous la prévention d’avoir mis hors de prison une femme de mœurs légères, incarcérée par ordre du Conseil : il fut suspendu pour deux mois et les conseillers établirent entre eux un roulement de semaine pour le remplacer t; il était donc facile de prévoir qu’en créant une prévôté en face du Conseil, on rendait inévitables des incidents du même genre. Colbert ne s’arrêta pas à ces considérations : la prévôté de Québec fut relevée de toutes pièces par édit de mai 1677, instituant un lieutenant général, un procureur et un greffier aux gages de 500, 300 et 100 livres par an, « pour connaître en première instance de toutes matières tant civiles que criminelles », dont l'appel sera porté au Conseil Souverain ; une police, composée d’un prévôt des maréchaux et de six archers, fut créée en même temps « pour la recherche et punition des crimes qui, pour être commis par des vagabonds et des gens sans aveu, demandent une justice plus grande » ? le conseiller Chartier de Lotbinière * fut nommé lieutenant général
4. Jug. du C. S., IT, 5, 12, 83. — Des provisions de greffier et de procureur de la prévôté furent signées par le roi dès cette époque (Id., I, 989: II, 29), mais le tribunal n’entra régulièrement en fonctions qu'après édit de 16717.
2. Ar. col., CG. G. Can., IV, 167 et 174. — Cf. La Hontan, I, 18, et La Potherie, 1, 262.
3. C’est le fils de l’ancien lieutenant général (Jug. du C. S., II, 34).
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1, Jug. du C. S.