Voir La Potherie, I
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fixé; on n'y attachait sans doute pas grande importance, et les variantes n'y sont pas rares : le 23 septembre 1675, Duchesneau est signalé comme « prenant séance de président »; le 30 septembre, on lit : « le gouverneur chef dudit Conseil, l'intendant faisant fonction de président suivant la déclaration du roi »; ailleurs, c'est une simple énumération : « présents le gouverneur, l'évêque, lintendant ! »; jamais pourtant la formule n’est aussi flatteuse pour Frontenac que celle d'avant 1675 : « le conseil assemblé, où présidait haut et puissant seigneur maitre Louis de Buade.….. »; mais le gouverneur général ne réclamait point, content d'être appelé seulement chef du Conseil, pour éviter la répétition du mot président après le nom de l’intendant. En 1678, ses dispositions changent, et l’on peut assigner à cette date la note marginale ajoutée au procès-verbal de la séance du 23 septembre 1675 : « n’a dû être mis sur ce registre que M. Duchesneau a pris aujourd'hui séance au Conseil de président, mais de faisant fonction de président. »
Les intentions de Colbert n'étaient point douteuses; il avait voulu borner le rôle de Frontenac au commandement militaire, et ne lui laisser au Conseil qu'une présidence d'honneur, avec le soin principal de « relever la justice et imprimer aux peuples le respect et l’obéissance qu'ils doivent aux jugements qu’elle rendra et aux officiers qui la composent » ?. Quant à l’intendant, il était certainement pour Colbert le véritable président du Conseil Souverain: les termes de la déclaration organique du 5 juin 1675 sont formels en ce sens; « l’intendant préside le Conseil, demande les avis, recueille les voix et prononce les arrêts; il jouit des mêmes avantages que les premiers présidents des cours de France * ». Colbert ne pensait probablement pas qu’il y eût là matière à conflit entre l’intendant et le gouverneur; la revendicaion de Frontenac lui semblait extraordinaire, invraisemblable : «Sa Majesté est persuadée, lui écrit-il un jour, qu'aucun autre que vous en France, étant gouverneur et son lieutenant général dans un pays, ne demanderait pour une augmentation d’honneurs et de dignités la qualité de chef et président d'un Conseil #. » C'est