Ar. col., C. G. Can., V
2, La Tour, Vie de Laval, NV. Tout ce chapitre, relatif au trafic des boissons spiritueuses, est particulièrement intéressant.
3. Voir surtout la lettre XVI de La Hontan, et ci-dessous, troisième partie, chap. IV et V.
amassées ments, des
À ces né sionnaires :
cois Xavier rieur, miss vivre côte mauvais ex rèts, on po àse mêler teux que la liplication nombre trè brés. Les Pè considérer 1 un des obsta calion: c'éta contrariait 1 manquer de témoins; n’e
de ces âmes assurer le sa On à dit q de bois, des méconnaître d'abnégation ceux de Micl aux sauvages une fin; la co gion, non le:
dans le docu dans leurs mi le vin, le ble importe que c le disait le P. à 4000 livres Satlacher les
amassées pendant l'hiver, ils donnaient en échange des vêtements, des armes, des munitions, ou des barils d’eau de feu. A ces négociants, la géographie s’imposa, comme jadis aux mis-
e plus ajoure les
>onds, sionnaires : à Michillimackinac, au Saut-Sainte-Marie, à Saint-Franration çois Xavier, sur la baie des Puants, à Saint-Esprit du lac Supéentre rieur, missionnaires et marchands se virent forcés bientôt de jentôt, vivre côte à côte, les uns, soucieux de garder leurs néophytes des naient mauvais exemples, les autres engagés au contraire par leurs intéintière rêts, on pourrait presque dire par leurs devoirs professionnels, et ne àse mêler intimement à la vie des sauvages. Il n'est pas douvendre teux que la conduite de ces coureurs fût peu édifiante, et'la mul- 4 parmi üiplication des métis est assurément hors de proportion avec le FA nt eux nombre très restreint des mariages mixtes régulièrement célé- >0isson brés. Les Pères s'en alarmaient, et c'était leur droit; ils devaient riarche considérer la présence de ces Français, de mœurs si libres, comme nt sans un des obstacles suscités par le démon aux efforts de leur prédication; c'était à leurs yeux une propagande de corruption qui es cou- contrariait le succès de leur zèle apostolique; ils ne pouvaient es indi- manquer de dénoncer les abus dont ils étaient chaque jour les
témoins; n’estimaient-ils pas, en effet, qu'il y allait du bonheur de ces âmes à peine initiées au christianisme, dont ils devaient assurer le salut?
On a dit que les Pères craignaient surtout, dans les coureurs de bois, des rivaux de commerce : c’est rabaisser la question, et méconnaître ce qu’il y a toujours eu chez nos missionnaires d'abnégation personnelle et de désintéressement; assurément, eux de Michillimackinac et du Saut vendaient différents objets
e pourvivant ient du
années : de ces
négo-
s indi- M aux sauvages; mais ce commerce était pour eux un moyen, non grands M une fin; la concurrence des trafiquants laïques alarmait leur relirulière- M gion, non leur cupidité. D’après une lettre de La Salle, publiée
dans le document janséniste de Margry ‘, les Jésuites tenaient dans leurs missions de vrais magasins, où ils vendaient « le pain, le vin, le blé, le lard », non sans de grands bénéfices. Peu importe que ce profit fût considérable, ou qu'il se limität, comme ER
le disait le P. Frémin répondant aux observations de Frontenac, à 4000 livres par an : les missionnaires ne devaient-ils pas, pour Satlacher les indigènes et les fixer autour d'eux, leur fournir
ur desivages; ère des leteries
e partie, Ù 1.1, 365.
quelques objets d'usage courant ? Sera-t-il juste de les blâmer, à supposer même que l'Ordre tirât de ce trafic certains avantages matériels? Leur politique est celle des Livingstone, des Brazza, des Binger, en un mot des colonisateurs pacifiques, qu'il n’est pas défendu de trouver supérieurs aux Pizarre et aux Stanley. Dirat-on qu'ils devaient se borner à prêcher, sans s’abaisser à des marchandages où ils compromettaient leur caractère ? Mais l'expérience leur avait appris que, sans ces appels aux intérêts des sauvages, ils précheraient en vain, dans le désert. Ils faisaient ce qu’ils jugeaient nécessaire pour développer le succès de leurs missions, c'est-à-dire de l'œuvre qu'ils considéraient comme l’objet principal de l'établissement de la France en Amérique; ils étaient dans la vérité de leur rôle; il reste que nous nous demandions si leur place était bien, ici, au rang qu'ils prétendaient.
Les Pères n’encourraient de reproches très mérités que s'ils avaient eux-mêmes pratiqué ce trafic des eaux-de-vie qu'ils voulaient interdire aux coureurs de bois. Or, aucun document digne de foi n’en donne la preuve ; La Salle, qui a contre les Jésuites les plus légitimes sujets de rancune, eût certainement dénoncé, s’il y avait eu lieu, des abus de ce genre; il n’en dit rien. C'est seulement dans des pièces d’une autorité médiocre, comme le mémoire janséniste de Margry, que cette accusation est formulée". Partout au contraire nous voyons que l’usage des spiritueux était rigoureusement proscrit parmi les indigènes des missions, et que les Pères n'attaquaient aucun vice plus assidûment que l'ivrognerie ?. En combattant, comme ils l’ont fait, les coureurs de bois qui apportaient de l’eau-de-vie aux sauvages, les ecclésiastiques canadiens ne luttaient donc point contre une concurrence commerciale; pour eux, il s'agissait avant tout « de ne point dépraver le Canada, de former un peuple chrétien pendant qu'il était jeune encore » *, par conséquent de préserver les sauvages des contacts réputés dangereux pour leur conversion. Cette politique comportait l'appropriation exclusive par le clergé des postes du haut pays; elle était en contradiction flagrante avec les ambitions très naturelles d’un gouverneur tel que Frontenac: