‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 184 sur 395 · Clément · texte numérisé non relu

Clément

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route aux entreprises de La Salle ; ils voulaient, comme le soupconnait Frontenac, « tenir toutes les avenues de la colonie. »

En 1676, Jolliet avait sollicité une concession aux Illinois; or, ses précédents séjours dans les missions, les relations qu'il avait gardées avec les Jésuites du Saut-Sainte-Marie montraient assez qu’il entendait agir d'accord avec les Pères, et servir des intérêts qui lui étaient communs avec eux. Était-il déjà signalé comme suspect par quelque mémoire de Frontenac que nous aurions perdu ? C’est vraisemblable, puisque Colbert, dans sa lettre au gouverneur datée d'avril 1677, efusait « au sieur Jolliet la permission qu’il demande de s'établir avec vingt hommes dans le pays des Illinois ; il faut multiplier les habitants du Canada, avant que de penser à d’autres terres, et c'est ce que l’on doit avoir pour maxime à l'égard des nouvelles découvertes qui sont faites ! ». Jolliet avait donc projeté un établissement précisément dans les pays que le P. Marquette venait d'évangéliser. Ce premier refus de Colbert ne l’aurait point découragé, puisque de concert avec Lebert, il demandait encore en 1677 la concession des lacs Érié et des Illinois. Frontenac, qui annonce cette requête à Colbert, ajoute que l'intendant et Bazire y sont favorables, et que les véritables inspirateurs de Jolliet sont les Jésuites, qu'inquiète le succès de La Salle. Les sollicitations de Lebert et Jolliet sont une preuve nouvelle que le fort Frontenac était mieux que le comptoir de commerce dont parle l’abbé Faillon, et donnent toute l'autorité d'une constatation impartiale à ce que leur gouverneur général écrit alors au ministre : « Les ennemis de La Salle l'ont autrefois traité de visionnaire, et maintenant que, par des dépenses, des soins et des peines extraordinaires, il est venu à bout de son dessein et a même fait plus que l’on n'osait espérer et qu'il n'avait promis, maintenant qu'il a obligé par son adresse les Iroquois à lui aider à se fortifier, à la culture de ses propres terres, ce que personne n'avait jamais fait, le croyant impossible, il est devenu l'objet de leur envie et de leur aversion. » D'ailleurs, puisque La Salle a la concession du lac Ontario, celle du lac Érié lui revient de droit, car presque tout le commerce du premier descend de celui-ci, et l'entrée du lac Érié devra, si l’on veut prévenir des entreprises anglaises, être rapidement munie d’un poste analogue

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