‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 206 sur 395 · Doc. du P · texte numérisé non relu

Doc. du P

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documents qu'ils furent rédigés en France; le premier raconte les voyages de du Lhut, qui n'aurait jamais violé les ordonnances du roi relatives à la traite; au besoin des lettres originales des Pères Jésuites, missionnaires aux Outaouais, en porteraient témoignage; le second est une demande en autorisation de continuer ces découvertes dont les premiers résultats ont été d’affermir la paix et de faciliter le commerce parmi plusieurs nations auparavant inconnues des Français; du Lhut s'engageait, contre la simple permission d'ouvrir un entrepôt aux Nadouesioux, à rechercher les côtes de la mer de l'Ouest; il ne ferait aucune traite avec les sauväges qui apportent leurs pelleteries dans les habitations françaises ; enfin s’il réussissait à fonder des établissements nouveaux, il demandait qu'on lui en accordât un « en tous droits seigneuriaux, avec le commandement sous l'autorité de M. le gouverneur général et lieutenant en la Nouvelle-France ». — La Cour n’estima point ces découvertes avantageuses; seul, La Salle devait alors continuer la sienne, sur l'utilité de laquelle on commençait même à formuler quelques doutes ‘. Du Lhut ne tarda pas à rentrer en Amérique; il ne parait pas qu'il ait renouvelé sa tentative d'atteindre la mer Vermeille; mais il jouera encore, chez les sauvages du lac Supérieur, un rôle très important. S'il est vrai qu'en fait, comme l’en accusent La Salle et Duchesneau, ses compagnons et lui se soient quelque peu moqués des ordonnances, on n'en doit pas moins reconnaitre que Frontenac eut raison de ne point leur en tenir rigueur, puisque, sept cents lieues à l’ouest de Québec, ils avaient su trouver des nations inconnues et les disposer favorablement pour la Nouvelle-France.

Les explorations dirigées par Talon vers la baie d'Hudson n'avaient pas été poursuivies méthodiquement pendant les premiers temps du gouvernement de Frontenac; les luttes politiques engagées dans le Canada même étaient encore trop vives; cependant, en 4676, la Compagnie anglaise de la baie d'Hudson se plaignait des empiétements des Français « obéissant à un Jésuite du nom d'Albanel ? ». Depuis 1678, l'importance de ces positions

“ Instructions pour l’intendant Meulles, 10 mai 1682. Citées par Margry, I, 37.

2. Doc. du Public Record office, de Londres, cité par Brymner, Archives tanadiennes, 1883, p. 20.

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apparut plus grande, à mesure que les expéditions de du Lhut étendaient à l’ouest et au nord des Lacs le domaine de l'influence française; or les Anglais s'étaient depuis quelque temps établis au fond de la baie; dès 1670, une Compagnie anglaise de la baie d'Hudson avait été constituée à la suite des découvertes de deux déserteurs français, Radisson et des Groseillers, passés par Boston au service de l’Angleterre *, Il est incontestable que l'expédition de Saint-Simon et du P. Albanel, en 1671, avait fondé les droits de la France au moins sur une partie de ces côtes. Mais au Canada, l'on se contenta de cette démonstration, toute de forme, tandis que les Anglais, ayant au fond de la baie des postes de traite, continuaient à s’y enrichir ?. Ils contrariaient l’action des missionnaires français et le P. Albanel, après avoir résisté deux ans dut constater l’inutilité de ses efforts et rentrer à Québec, d’où il partit bientôt pour la baie des Puants ?.

Peu à peu, les Anglais avaient élevé jusqu’à trois forts, dont un appelé Monsoni se trouvait à l'extrême sud de la baie; un autre, le premier construit, était plus à l’est; il portait le nom du prince Rupert, neveu de Charles II, qui avait encouragé l’entreprise des déserteurs français; en même temps, la compagnie primitive, se développant, avait acquis du roi d'Angleterre de nouveaux privilèges : Charles IT déclarait reconnaître de cette manière les services du prince Robert, comte palatin du Rhin, de Christophe, duc d’Albermale, et de quelques autres, « qui ont fait une expédition à leurs frais pour découvrir un passage vers la mer du Sud et trouver un commerce de fourrures » ; le texte porte cependant une importante réserve, puisqu'il limite le domaine de la Compagnie aux territoires « qui ne sont possédés par aucun de nos sujels où ceux de quelque autre prince chrétien ». Il est daté de Westminster, 2 mai de la trente-deuxième année du règne, c’est-à-dire 1680°.

Cependant Radisson et des Groseillers, peut-être exclus de la Compagnie anglaise, avaient obtenu de Louis XIV de repasser at Canada ; leur retour, coïncidant avec la nouvelle de ces tentatives anglaises, excita le zèle des marchands français; à ce moment

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