Clément, IL, 609, — Cf. Charlevoix, I
2. Ar. col., Ac., I, 448, 150, 177, — Voir Charlevoix, I, 462-63. — Sulte, VI, 4. — Rameau, op. cit., 149, 158.
3 Ar. col., G. G. Can., VI, 50.
Boston; au mois d'octobre 1682, le Conseil de cette colonie s'assembla sous la présidence du gouverneur, Symon Bradstreet, pour délibérer sur ces doléances : Frontenac et La Vallière accusaient des corsaires partant de Boston de venir dans les eaux ou sur les territoires appartenant aux Français prendre du poisson ou enlever du charbon‘; sans doute les officiers français avaient parlé net, car le Conseil de Boston admit leurs réclamations, et prit des mesures « pour le maintien des bonnes relations avec ses voisins du Canada et de l’Acadie ».
Cette dernière possession avait de grands avantages : le pays, beaucoup plus tempéré que le Canada, produisait des fruits en abondance; la mer y était libre toute l’année, mais pour y aller de Québee, les routes manquaient; le chemin commencé par Talon était abandonné; aussi, quoique l& distance directe fût seulement de quatre-vingts lieues, il fallait faire par mer un détour de quatre cents, si l’on ne voulait s’avancer à travers bois, comme les sauvages?. Frontenac manquait de ressources pour ouvrir, entre Québec et la côte d'Acadie, une voie qui eût mis Pentagoet à huit jours de nos vieux établissements et facilité l’action française sur les indigènes de ces régions; il était donc forcé de recourir aux missionnaires et aux quelques habitants du pays, pour faire surveiller de ce côté la frontière anglaise. Les Relations des Jésuites indiquent que les hostilités étaient presque continuelles entre les Abénaquis et les colons anglais; ceux-ci, d’abord, méprisaient des sauvages dont ils pensaient avoir facilement raison, mais ils durent bientôt en rabattre; un jour, un parti de quatre cents Européens qui allaient punir des Abénaquis de quelque pillage fut presque anéanti : moins de dix hommes échappèrent; cà et là, des bandes d'indigènes détruisaient les récoltes ou brilaient les maisons; puis, s'ils craignaient une vengeance, ils venaient se réfugier dans les bourgades françaises, à Trois-Riviores à Sillery, près de Québec. En 1677, le P. Morain se t1 mission chez les Etchemins et les Gaspésiens, du goet, constatait combien toutes ces tribus st " nt les Anglais; sa tentative était nouvelle, car le P. 1erron, : «1 avait
1. Cette délibération est publiée dans Records of Massachusetts, Boston, 1854. — V, 38.
2. Lettres des intendants Duchesneau et Meulles, 1681-83. Ar. col., C.G. Can, V, 318, et VI, 191.
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sollicité de ses supérieurs, dès 1674, l’autorisation de se fixer parmi ces peuples, dont il connaissait la langue, en avait été dissuadé par le P. Dablon et s’était retiré aux Iroquois; pourtant il avait pu, sous un déguisement, pousser une reconnaissance jusqu'à Boston même !. Les Abénaquis et leurs voisins d'Acadie furent dès lors pour les Français des auxiliaires d'avant-postes, comme pouvaient l’être pour les Anglais les Iroquois et spécialement la plus orientale de leurs tribus, les Agniers ou Mohawks.
Quel que fût, en Europe, l’état des relations entre les couronnes de France et d'Angleterre, les sujets des deux rois, en Amérique, étaient naturellement ennemis, car leurs intérêts étaient rivaux : il s'agissait de capter, par l'intermédiaire des Iroquois, le commerce du haut pays; aussi Dongan, gouverneur de New-York, ne cessait-il de faire des avances aux chefs iroquois; il leur donnait des armes et des vêtements à meilleur marché qu’on ne le faisait au Canada, à cause des exigences de la compagnie fermière des pelleteries?; par les Iroquois, les produits anglais pénétraient jusque chez les Outaouais, et c’est pour empêcher ce commerce que Frontenac proposait, en 1681, d'établir au pays des Agniers un fort que commanderait Saint-Ours, officier connaissant très bien la région *. Un jour que le gouverneur général, causant à Québec avec un habitant du Maine, blämait Dongan de fournir des fusils aux sauvages contre les Français, son interlocuteur, nommé Davis, ripostait que les colons de New-York étaient seuls responsables, car ceux de Boston restaient exactement neutres. Frontenac n'admettait point cette excuse trop commode, disant que Boston et New-York sont une même nation ‘.
Cependant New-York était, de ces deux colonies, la plus redoutable, parce qu’elle pouvait en se développant couper les communications de la Nouveile-France avec le haut pays; elle recevait souvent des déserteurs français, comme ce Guillaume David, dont parle une lettre de Sorel, qui avait quitté les bords du lac Uhamplain pour les territoires anglais avec sa fille, son gendre et plusieurs petits enfants ÿ. Les Bostonnais, pêcheurs, pirates
. Douniol, If, 9, 137-139, 159.