‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 218 sur 395 · FRS · texte numérisé non relu

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Tsonnontouan nommé Annenhat a été tué par un Illinois; le meurtre a eu lieu sur le territoire des Kiskakons, dont la responsabilité, d’après les coutumes indigènes, est, de ce fait, engagée, Les Kiskakons sont voisins des Hurons et des Miamis, qui prendront certainement part à la querelle; une guerre générale des peuples du lac Michigan parait donc imminente !.

Dès que Frontenac avait appris le meurtre du chef Tsonnontouan (fin d'octobre 1681), il avait donné ordre à La Forest, gouverneur du fort du lac Ontario, de dépêcher un homme aux Iroquois pour les inviter à la paix, et déclarer qu'Onontio lui-même se chargeait de leur assurer les satisfactions légitimes ; cet homme, appelé Lamarque, réussit dans sa mission, puisque l'hiver ne fut point troublé par des expéditions de guerre et que, au printemps même, les Iroquois délibéraient encore sur ce qu'ils devaient faire, Frontenac alors paya d’audace; instruit par des lettres de La Forest et des PP, de Lamberville et Garnier, missionnaires des Iro. quois, il acquit la certitude qu’une guerre immédiate n’était point probable, pourvu qu'il osât «ne rien rabattre de cette hauteur avec laquelle, à l’exemple de M. de Courcelles, il avait toujours traité les sauvages ? ». Toutefois, moins dédaigneux des conseils que ne l'assuraient ses ennemis, il voulut avoir d'abord l'avis de quelques notables, et, le 23 mars 1682, convoquait chez les Jésuites de Québec l’intendant, le major de la place, les PP. Bèchefer, Dablon et Frémin. Les Jésuites exprimèrent l'avis qu'un voyage au fort, vers la mi-juin, serait bien vu des Iroquois: avec une escorte de cinquante ou soixante hommes, le gouverneur était à l’abri d’une surprise et, tout ensemble, n'aurait point l'air de diriger une expédition. L’intendant estimait la guerre très nécessaire ; mais seul, disait-il, le gouverneur peut en ordonner les frais; si l’on ne veut pas se battre, il faut faire venir les Iroquois le plus près possible de nos établissements, à Montréal plutôt qu’au fort. Frontenac ne pouvait oublier que les dernières lettres du roi défendaient les dépenses extraordinaires; déjà l’année pré-

4. Voir Extraits de la correspondance de 1681. Ar. col., CG. G. Can., VI, #1. — Le vol. VI de la Corr. gén. Can. débute (p. 5-47) par des documents assez complets sur ces incidents : délibérations à Québec, mémoires de Frontenat à la Cour, procès-verbaux des entrevues de Montréal entre le gouverneur el les sauvages. Charlevoix (1, 467 ss.) en connaît la plus grande partie.

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