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des conjectures. Si l'on en croyait le document cité plus haut !, La Salle aurait dès lors atteint le Mississipi par les Illinois, mais aucun autre témoignage ne vient confirmer celui-ci, qui ne suffit pas. Il est même plus vraisemblable que La Salle ne réussit pas à faire une découverte complète, puisque en 1673 nous le retrouvons chez les Iroquois, menant la vie de coureur de bois ? : illui fallait sans doute, comme après sa première exploration, reconslituer ses ressources en vue d'une expédition nouvelle. En son absence, les administrateurs ne voulurent pas tarder à pousser les établissements français jusqu'au lac Ontario; ce qu’ils savaient déjà de l’importance de cette région, ce qu'ils en espéraient pour la découverte d’un grand fleuve qui, pensait-on, « arrose ces terres fertiles en or et en argent qui sont vers la Nouvelle-Espagne * », tout leur conseillait de ne pas attendre le retour de l'explorateur ; de là le voyage que Courcelles fit sur le lac Ontario dans l'été de 1671. C’est alors qu’il reconnut et désigna l'emplacement où
devait, deux ans plus tard, s'élever le fort Frontenac *.
Deux autres expéditions furent envoyées en 1671, l’une à la baie d'Hudson, l’autre vers les tribus abénaquises de l'Acadie. On savait que les territoires du Nord étaient des pays de grandes chasses; il y avait intérêt pour les Français à s’y établir avant les Anglais de la Nouvelle-York, dont les vaisseaux s'étaient avancés déjà dans ces parages. La mission organisée par Talon comprenait « le sieur de Saint-Simon, jeune gentilhomme canadien, honoré par le roi depuis peu de ce titre », un autre laïque
{nommé Couture et le P, Albanel, Jésuite, qui avait été jadis mis- {sionnaire à Tadoussac, la dernière station francaise en aval de
Québec ÿ. Ayant quitté cette ville le 25 octobre 1671, les pion-
Bniers remontèrent le Saguenay, et apprirent en route que deux
vaisseaux européens avaient été vus dans les eaux de la baie d'Hudson; à la fin de l'hivernage, ils repartirent, et atteignirent
la baie, par 50°, au mois de juin; ils y trouvèrent un petit bateau
«portant pavillon anglais et voile latine » et s’empressèrent de