‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 278 sur 395 · La Potherie, Il · texte numérisé non relu

La Potherie, Il

1687-51 (1, 528 ss.) est peu précise et parfois fautive.

des cris de détresse, et qu’envahit comme une folie de panique et de désespoir.

Sa première faute grave fut d'ordonner l'évacuation de Niagara; ce poste, écrivit-il au ministre, coûtait trop cher; les sauvages alliés n’en avaient point profité comme ils auraient dû pour harceler l'ennemi ‘. La vérité, c’est que les Iroquois en avaient réclamé la destruction, parce que le fort gênait leurs relations avec les pays Outaouais; Denonville n’osa pas leur refuser cette concession et fut trop heureux, à ce prix, d'obtenir la permission de ravitailler le fort Frontenac; le traité passé avec la Grande- Gueule est du 15 juin 1688; l’ordre d'évacuation de Niagara porte la date du 6 juillet suivant. Combien cette faiblesse était maladroite, le gouverneur lui-même l'avait démontré par avance, lorsqu’il parlait justement au roi dans ses précédents mémoires, de l'importance de Niagara. La petite garnison de ce poste avait beaucoup souffert, depuis le départ de l’armée, en juillet 1687; elle était bloquée par les Iroquois qui infestaient les campagnes environnantes, les vivres laissés par Denonville étant de mauvaise qualité, des maladies avaient bientôt réduit la troupe à quelques hommes, que commandait des Bergères, de Troyes ayant succombé. Sans des Miamis qui apportèrent quelques provisions fraiches, ces derniers survivants fussent morts de faim. C’est dans cet état de misère qu’ils reçurent les instructions de Denonwville; ils étaient trop épuisés pour ne point s’y conformer avec plaisir : le procès-verbal d'évacuation, du 15 septembre 1688, est signé du commandant des Bergères et du P. Millet, Jésuite; on détruisit avant de partir tous les ouvrages militaires; on laissa debout une grande croix, quelques cabanes et les magasins, « pour maintenir la possession que Sa Majesté et les Français ont depuis longtemps en ces quartiers ? ». Ce village à l’asandon, demi-ruiné, ne devait-il point donner aux indigènes l'impression d'une décadence, plutôt que celle d’un pouvoir jaloux de maintenir ses droits? Le chemin de Montréal était trop peu sùr pour une troupe affaiblie par la faim et les maladies : des Bergères remonta sur Michillimackinac; il est probable qu’il passa par Détroit, mais sans s'y arrêter ; ce poste ne devait plus alors avoir de garnison,

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