et dans
col., G. G. Can,
5, Can., XI, 136, mpter celles de
Dieu de Québec aris, 1151).
comment Frontenac comprit les plans des Anglais et combina les moyens de résister. La Hontan, témoin oculaire, ne donne sur le siège de Québec qu’un très court sommaire (lettre XX); La Potherie copie partiellement Monseignat, non sans embrouiller son récit, avec la confusion qui lui est ordinaire (II, 411 ss.). Charlevoix, fort inexact en ce qui concerne le début du siège, est, au contraire, pour les derniers jours, plus précis et assez complet : il semble avoir compilé sans critique des documents de valeur inégale (II, 76 ss.).
L'épisode du pavillon de Phips, populaire au Canada, célébré dans une des poésies de M. Louis Fréchette !, a fait l’objet de curieuses recherches de M. Ernest Myrand ?. M. Myrand montre ailleurs à l'égard de Charlevoix une défiance bien légitime; il n’aurait donc pas dû, semble-t-il, accepter ici sans contrôle la version de cet auteur qui par une erreur certaine place au matin du 16 octobre, aussitôt après le rejet de l'ultimatum de Phips, la canonnade qui abattit le pavillon amiral ?. Tous les récits contemporains sont d'accord pour donner la date du 18, au moment où les quatre principaux vaisseaux de Phips vinrent bombarder Québec. Il est donc inutile de se demander si les canons français pouvaient porter jusqu'à la pointe de l'ile d'Orléans, où la flotte de Phips était mouillée le 16 octobre. — M. Myrand s’est encore préoccupé d'établir quelles étaient, pendant les jours du siège, les heures des marées; il ressort des calculs dont il présente les résultats que le mercredi 18 octobre, la marée finissait de monter à 6 heures 38 minutes du soir; or, c’est sans doute un peu avant cette heure que fut abattu le pavilion : les vaisseaux de Phips se postèrent devant Québec assez tard dans l’après-midi, et la canonnade battait son plein vers 6 heures; on pourrait pourtant supposer, vu l’imprécision de nos textes, que le coup d'adresse de Sainte-Hélène est du 19 au matin, à marée descendante; mais il est bien clair, quel que fût l'état de la marée, que le danger d'aller cueillir sur l’eau le pavillon ennemi était le même, puisque nageurs ou canotiers — peu importe, quoique le fait de nageurs, difficiles à viser dans l’eau, paraisse plus vraisemblable — devaient essuyer, presque à bout portant, le feu des vaisseaux anglais. Il ne serait pas étonnant, d’ailleurs, comme l'observe M. Myrand, que la légende se soit emparée de cet incident et l’ait quelque peu amplifié ; les auteurs contemporains parlent bien d’un pavillon pris, mais ne paraissent pas supposer — sauf Juchereau de Saint-Denis — que la conquête en ait été particulièrement glorieuse. Aussi bien ne serait-il pas besoin d’un exploit de ce genre, pour consacrer le souvenir du courage et de l’audace heureuse des défenseurs de Québec.