‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 367 sur 395 · Ar. col., M. S. M., VI · texte numérisé non relu

Ar. col., M. S. M., VI

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d’Aubazine, son oncle. François Hazeur, marchand bourgeois de Québec, et Monseignat, premier secrétaire du gouvernement, sont nommés exécuteurs testamentaires.... Aux dernières lignes, on dirait que le vieux lutteur s’apaise; il recommande à Champigny d'assurer, d'accord avec les amis qu’il désigne, le respect de ses volontés; puis il lui lègue « un crucifix de bois de calambourg », souvenir de M"° de Monmort, et un reliquaire à Me de Champigny. Plusieurs fois, Me" Saint-Vallier était venu visiter le malade; l’intendant faisait de même, et la réconciliation de tous paraissait entière. Frontenac reçut d’un Récollet, le P. Olivier Goyer, les secours de la re'igion; il expira le 28 novembre, à l’âge de soixante-dix-huit ans.

Les obsèques solennelles eurent lieu, le 19 décembre 1698, à l’église des Récollets. Le Conseil Souverain avait décidé d'y assister en corps, « pour faire connaître par cette cérémonie la considération qu’il a toujours eue pour la personne de Monseigneur » !. Toutes les notabilités de Québec, à la suite de l’évêque et de l’intendant, se pressaient ce jour-là dans l’église des Récollets, pour entendre l'oraison funèbre du gouverneur, par le P. Goyer ?. Le prédicateur prit pour texte un verset du livre de la Sagesse : in multitudine videbor bonus et in bello fortis. « Le comte de Frontenac, dit-il, s’est fait aimer par sa bonté, telle a été sa vie politique; il s’est fait estimer par sa valeur, telle a été sa vie militaire; on le reconnait déjà à ces traits; son portrait cependant n’est qu’ébauché; pour y mettre la dernière main, unissons le serviteur de Dieu avec l’homme du roi et le chrétien au guerrier ».…. Et le panégyriste développe ce plan, sans grands élans d’éloquence, mais avec l'accent d’une conviction sincère; il insiste sur le désintéressement et la piété de son héros; il passe vite sur les souvenirs de querelles encore brûlantes, et déclare, à propos du trafic des spiritueux, que Frontenac « en avait à la fin reconnu le danger et professé que, si Dieu ne le retirait pas de ce monde, il agirait avec plus de circonspection ».

Un ennemi de Frontenac a rempli les marges d’un manuscrit de cette oraison funèbre de notes venimeuses et diffamatoires; on ignore le nom de ce commentateur, qui nous apparait comme un

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