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saires que sa fermeté parfois brutale allait bientôt lui susciter : M": de Frontenac fut, de tous, le plus actif; elle était en correspondance régulière avec le comte, et c’est un malheur que nous n'ayons pu retrouver ses lettres, qui devaient être riches de détails curieux et instructifs; elle usa de toute son influence, de toutes ses relations pour faire prolonger le gouvernement de son mari; et ce n’est point sans doute dans la seule intention de le tenir éloigné d'elle !.
Quelle que fût la médiocrité de sa fortune, Frontenac voulut arriver au Canada comme un gouverneur qui comprend la dignité de sa situation; il avait reçu quelques libéralités du roi, 6000 livres « pour se mettre en équipage », 9000 environ pour former « une compagnie de vingt hommes de guerre à cheval, dits carabins », qui seraient sa garde du corps ?; il avait chargé un vaisseau de ses « ameublements et équipages », mais les Hollandais, auxquels Louis XIV venait de déclarer la guerre, s’en emparèrent à la hauteur de l’ile Dieu. A peine débarqué, il organise autour de lui toute la hiérarchie des « officiers, grands et petits, qui composent la maison des gouverneurs de province, avec un si bel ordre que la sienne pouvait passer pour une académie réglée et un séminaire de vertu ? ». Le bon Récollet qui écrit ces lignes veut dire vertu militaire. Le 17 septembre 1672, Frontenac préside une séance extrordinaire du Conseil Souverain, où tous les magistrats
viennent le reconnaître, et où l’assemblée enregistre la déclara-
tion de guerre à la Hollande ‘. Enfin, le 23 octobre, il réunit à Québec des États Généraux.
La commission de Frontenac lui prescrivait de faire prèter serment, non seulement aux officiers du Conseil, mais encore aux trois ordres du pays. L'expression paraît ambitieuse, et Frontenac dit fort bien, dans son premier rapport au ministre, qu'il lui fallut « donner une forme à ce qui n’en avait point encore
4. La famille de Frontenac s’est éteinte en la personne de son fils unique, tué pendant la guerre de Hollande. Il n’a pas été possible de découvrir où sont passés les papiers du comte et de la comtesse. — On sait que M"° de Frontenac était liée avec M"° de Maintenon.