‹ Le comte de Frontenac [microforme]Chapitre 50 sur 395 · DNA ET PSE A TO EE PR RES EMPIRE · texte numérisé non relu

DNA ET PSE A TO EE PR RES EMPIRE

dont l'intervention troublait la cérémonie du jour de Pâques. Le Conseil se montra conciliant; l'abbé Morel fut élargi, sous la caution des deux grands vicaires, et nous ne voyons pas que l’affaire ait eu des suites judiciaires. Quant aux titres produits par Dudouyt, le conseil sursit à se prononcer à leur sujet : on était alors à la fin de juillet, c’est-à-dire à l'époque de la descente des sauvages, de la grande traite et aussi de l’arrivée des vaisseaux de France apportant les ordres de la Cour : c'était la saison de la trêve. Mais Frontenac n'avait pu qu'ajourner la création d’un tribunal ecclésiastique : M£ Laval revint par les vaisseaux de 1675, et l’officialité de Québec fut presque aussitôt constituée !. Nos documents ne donnent pas la solution, deux fois ajournée pour attendre le retour de l’évêque, d’une autre question intéressante : il s’agit des registres de l’état civil, que Louis Chartier, lieutenant général de Québec, avait demandés aux ecclésiastiques « pour être par lui parafés et une copie laissée à son greffe ». Le Conseil donna simplement acte à Chartier de ses diligences, dans la séance du 6 mai 1675 *.

On aura remarqué que, dans ces incidents des débuts de Frontenac, il n’est point parlé une seule fois des Jésuites. Talon, jadis, avait été si bien accueilli par les Pères de cet ordre, qu’il avait commencé par rendre hommage à la sagesse de leur conduite” ; il était, depuis, revenu de cette bienveillance ; Frontenac, de même, fut recu avec empressement par les Jésuites : spontanément, les Pères de Québec lui offrirent leur maison pour y assembler les États Généraux ‘; des Jésuites lui envoyaient des renseignements sur les dispositions des tribus iroquoises®. Et pourtant, averti par le ministre, informé sans doute aussi par Talon, Frontenac se méfiait; on dirait même qu'il redoutait comme un espionnage, puisqu'il chiffrait, dans sa correspondance avec Colbert, tous les passages où il parle librement des Jésuites : « J'ai en mon particulier, écrit-il en langage clair, tous les sujets du monde de me louer de la civilité et de l'honnêteté des révérends Pères Jésuites. » Mais cette déclaration de politesse officielle est encadrée de deux

4, Voir plus bas, chap. V.

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