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2. D'après le P, ss; quelques-un lemporains ne sig 1691, prête ici trop és missionnaires une démonstration
Salle ‘ donne pleinement raison à sa prudence; les Iroquois, malgré l& paix conclue, n'avaient jamais cessé d'inquiéter les nations des Lacs par de continuels partis de guerre; ils devaient donc redouter, si Frontenac ne déclarait pas hautement ses intentions pacifiques, une nouvelle expédition comme celle de Tracy. Frontenac, en ne divulguant ses projets véritables que peu à peu, réussit la très délicate entreprise d'amener les chefs iroquois à constater dans une réunion tout amicale que les Français étaient à la fois capables de vaincre les Cinq-Nations et désireux de ne point leur faire la guerre ; ce voyage du lac Ontario nous offre un exemple des plus remarquables de l'art avec lequel Front@nac traitait la politique indigène ; il calmait les défiances anciennes, et se présentait aux sauvages si bien entouré, si persuasif et savamment familier tout ensemble, qu’il commandait aussitôt un respect voisin de l'affection. Mais, pour atteindre ce but, il lui fallait user d’abord de réserve, de dissimulation si l’on veut; l'abbé Faillon paraît mal venu à lui en faire un reproche, au lieu de l'en féliciter.
A Montréal, on resta dix ou douze jours à terminer les préparatifs. Sur l’avis que les Hollandais maîtres de Manhatte pouvaient profiter de son absence pour attaquer le bas Saint-Laurent et Québec ?, Frontenac envoya des instructions pour fortifier la place ; décidé à revenir en arrière si les Hollandais se présentaient, mais désireux de ne point perdre de temps pour attendre un événement qu'il ne croyait pas probable, il ordonna tout pour un prochain départ à l’ouest ; avec sa maison, les troupes des milices sous des « officiers habitués » et quelques Hurons auxiliaires, il disposait de quatre cents hommes, montés dans cent vingt canots et portant les munitions nécessaires et les matériaux pour la construction du fort; à grand'peine, le gouverneur était arrivé à «régler les rangs et la marche pour ne donner de dégoût à personne »; il y était enfin parvenu; les Montréalais l’avaient fort bien accueilli; leur gouverneur particulier, Perrot, présidait en
1 Voir p. 81.
2. D'après le P. Leclercq (II, 110), cet avis n’aurait pas été très désintéressé; quelques-uns voulaient entraver l'expédition. Mais les documents conlemporains ne signalent rien de tel, et le P. Leclercq, dont le livre date de 1691, prèle ici trop tôt aux ennemis de Frontenac des desseins d'opposition. Les missionnaires des Iroquois, on l’a vu plus haut, désiraient au contraire une démonstration militaire.
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personne à la réception qu'on lui avait faite, lorsqu'il arriva de Québec. Le 29 juin, l’expédition se mit en route; Frontenac avait eu soin de fixer le point de départ en amont des rapides de la Chine, voisins de Montréal, qui sont les plus dangereux du Saint. Laurent; c'était autant de gagné, mais ce ne fut pas dans beaucoup de fatigues que l’on franchit ceux qui se présentent ensuite, près du lac Saint-François. Par bonheur, l’allégresse était générale, aucun canot ne se perdit, et, malgré les pluies qui assail. lirent et retardèrent l'expédition, on débarquait le 9 juillet près de l’entrée du lac Ontario, à un endroit où déjà La Valtrie, envoyé de Montréal en avant-garde, avait installé un entrepôt de vivres et de munitions. C’est là que Frontenac reçut des nouvelles de La Salle; les Iroquois étaient à Kenté; il ne restait plus qu’à les amener jusqu'à l'embouchure de Catarocouy qui est à vingt lieues au-dessous de Kenté, le gouverneur ayant jugé sur la carte, «après beaucoup de consultations et d'avis différents, que ce serait un lieu fort propre pour y faire l'établissement qu'il méditait ». Frontenac saisit un prétexte; il n’entendait point favoriser les Iroquois établis à Kenté en leur faisant l'honneur particulier d’une visite ; il attendrait donc les envoyés en un autre lieu, « pour leur faire connaître qu’il ne préférait point les uns aux autres, et qu'il serait toujours leur père commun tant qu’ils demeureraient dans l’obéissance et le respect qu’ils devaient au roi ». Les abbés de Fénelon et d'Urfé, chargés de porter ce message, réussirent à souhait; le 12 juillet, la flottille française rencontrait les chef iroquois, venus avec d'Urfé au-devant du gouverneur, et tous cabanaient, de conserve, dans la rivière de Catarocouy. Frontenac n'avait rien omis pour frapper l'imagination des ambassadeurs indigènes : il avait fait construire deux grands bateaux à fond plat, armés de canons, et peints de couleurs inusitées ; dans l'Ontario, dès qu’il avait prévu l'approche des chef iroquois, il avait mis sa flottille en ordre de bataille : « quatre escadres !, faisant l'avant-garde, marchaiïent de front sur unt mème ligne ; les deux bateaux suivaient; M. le comte de Frontenat marchait ensuite, à la tête de tous les canots de ses gardes, de ceux de sa maison et des volontaires qui étaient auprès de 4 personne, ayant à sa droite l’escadre des Trois-Rivières et à si