Voir Relat. de Tonty. Margry, I, 583 ss
Lr. L) Le À -diei
avaient déserté; des indigènes lui avaient dit que La Salle était mort; il venait de partir pour chercher des nouvelles à Michillimackinac, lorsqu'on l’informa que l’armée des Iroquois, forte de six à sept cents hommes, était proche. Continuer sa route eût été autoriser le soupçon qu'il était d'accord avec l’Iroquois et se retirait pour lui laisser le champ libre; bravement, Tonty fit face au péril. Le jour de la bataille, les deux troupes de sauvages étant rangées en face l’une de l’autre, il s'avança portant un collier de porcelaine vers les guerriers iroquois; mais, avant qu'il eût eu le temps de faire entendre des paroles de paix, il tombait dangereusement blessé d’un coup de poignard; à cette vue, les Illinois se lancent sur leurs adversaires; ils sont dirigés par les Français, compagnons de Tonty; les Iroquois, se sentant battus, arrêtent la lutte, et pendant plusieurs jours, des négociations sont engagées. Vainement Tonty voudrait que l’on comprit les Illinois dans la paix; on lui fait des excuses, on lui offre des présents qu'il repousse, mais, lorsque les [roquois sont prêts à reprendre la lutte, ils l’embarquent avec ses hommes, et l’éloignent ainsi du théâtre du conflit. Ils avaient eu soin de lui demander une lettre pour Frontenac, où il attesterait que les Français avaient été épargnés; rien ne prouve mieux que ce détail combien le gouverneur avait su prendre d'autorité sur l'esprit de ses belliqueux voisins. Tandis que Tonty, dépouillé de tout, arrivait à grand'peine sur la baie des Puants pour y passer l'hiver, les [roquois ravageaient sans merci le pays des Illinois; quand La Saile y revint, au mois de décembre, les pillards étaient partis, ne laissant derrière eux que des ruines et des corps mutilés sans sépulture *.
Ces incidents avaient eu lieu trop tard pour que Frontenac püt en informer le ministre par le courrier de 1680; mais il en parle dans sa lettre de 1681 ?, et demande en France un renfort de cinq ou six cents hommes pour parer à tout événement; il a donné rendez-vous aux Iroquois pour tenter de les apaiser, comme il y a plusieurs fois déjà réussi, mais ce sera difficile, car, tout récemment, un nouvel attentat vient d’aviver la haine entre eux et les Illinois; à la suite d’une rixe de sauvages, près de la mission des Jésuites du Saut-Sainte-Marie, un notable chef