‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 167 sur 316 · Id.,ad · texte numérisé non relu

Id.,ad

tentions de Frontenac !; malgré cet échec d'amour-propre, La Barre continuait à traiter trop familièrement le Conseil : « il tenait l’audience tout l'hiver au coin de son feu, où sa femme, ses enfants et ses domestiques sont continuellement ?. »

Meulles semblait avoir hérité des méfiances de Frontenac, à l'endroit du Conseil Souverain : autant le gouverneur mettait d’ostentation dans son entente parfaite avec les magistrats, autant l’intendant restait sur la réserve ou même leur montrait d’hostilité ; en 1682, Meulles avait encore quelque indulgence pour les conseillers, dont plusieurs avaient été ruinés par l'incendie de la basse ville; mais bien vite après, il envoie à la Cour des plaintes sur leur compte ; La Martinière étant ouvertement l'agent appointé des marchands de la baie d'Hudson, il refuse jusqu’à réception d'un avis du ministre de lui délivrer son traitement de conseiller; peut-être, dans l'espèce, se montre-t-il trop formaliste, car la Compagnie de la baie d'Hudson méritait d’être encouragée et La Martinière venait de faire un dangereux voyage dans les mers de ces régions. Meulles s’efforçait, comme jadis Frontenac, de juger rapidement tous les plaideurs qui s’accordaient pour porter leurs causes devant lui, prenant garde, toutefois, de n’en évoquer aucune de lui-même *. Le Conseil souffrait impatiemment cette rivalité; d'Auteuil, revenu de France avec le titre définitif de procureur général, mettait à ces revendications toute la fougue de son caractère; à l'entendre, l'intendant « attirait à lui la connaissance de tous les procès, citant les parties sur un simple billet de son secrétaire, les jugeant verbalement, et se servant de prison et d’amendes pour faire exécuter ses jugements * ». Seul, le conseiller Peyras, qui était déjà, sous Frontenac, l’un des partisans de la conciliation, se rangeait alors du côté de Meulles; l'intendant le choisira pour compagnon lorsque, en 1685, il ira visiter l’Acadie ÿ.

Meulles assurait bien que, tout en condamnant les abus, il restait en parfaite intelligence avec La Barre, comme le lui recom-

1. Lettre du ministre, 31 juillet 1684. Ar. col., M. S. M., IV.

2. Meulles au ministre, 12 nov. 1684. Id., C. G. Can., VI, 404. ;

3. Meulles à la Cour, 1682-84. Id., id., 89, 91, 406. — Le roi rendit en Conseil un arrêt qui obligeait La Martinière à quitter la Compagnie (10 mars 1685). Id., M. S. M., IV.

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