‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 184 sur 316 · DONC · texte numérisé non relu

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s’excusèrent en disant qu'il leur avait permis d'attaquer certains traitants et qu'ils n’avaient pas su distinguer !.

Ils ne bornèrent pas là leurs exploits; comme ils l’annoncçaient insolemment à leurs premières victimes renvoyées après dix jours de captivité, ils allèrent attaquer le fort Saint-Louis des Illinois, heureusement bien défendu : Tonty ne s'était pas encore retiré; malgré la discorde qui régnait entre lui et le chevalier de Baugy, qu'il avait le droit de considérer comme un usurpateur, il prit sa part de la résistance; après six jours de siège, les deux cents assaillants furent repoussés avec perte et de petits partis illinois harcelèrent leur retraite, qui fut ainsi très pénible ?. Les Iroquois n’avaient donc pu ravager le pays des Illinois; mais des traitants, pour lesquels La Barre avait dépossédé La Salle, avaient perdu toutes les marchandises d’une campagne; les bénéfices sur lesquels comptaient les rivaux d’abord heureux de La Salle étaient dissipés sous leurs yeux. Une nouvelle politique alors leur paraît nécessaire : il faut châtier l'Iroquois, que l’on avait ménagé jusqu'alors, en lui réservant des victimes qu'il n'avait pas su, peut-être pas voulu choisir; La Barre, « pour sauver le commerce de castors de cinq ou six marchands », va préparer une expédition militaire.

C'était la première fois, depuis l’époque de Courcelles et Tracy, que les Français allaient se mesurer face à face avec les Iroquois; avant de décider une guerre qui rompait si manifestement avec toutes les traditions de la colonie, La Barre aurait dû s’entourer de conseils impartiaux : il n'eut garde de convoquer, comme en 1682, un comité de notables; il n'était plus utile, au printemps de 1684, d’expédier en France des procès-verbaux inquiets pour demander des renforts; l'effet avait été produit, la Cour avait envoyé cent cinquante hommes : il restait à s’en servir, en y joi-

gnant les forces dont disposait alors la colonie, au mieux des

intérêts du groupe pour lequel gouvernait La Barre; les plans de la campagne furent arrêtés d’un commun accord entre La Barre et La Chesnaye, et quand le gouverneur partit pour Montréal, ce fut « en tête-à-tête avec ce marchand, à la surprise de l’évêque,

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