Jug. du C. $., III
2. Gouverneur de Trois-Rivières. Il avait coopéré à la défense de Québec.
3. Les détails qui précèdent sont empruntés surtout à la relation de Monseignat. Voir la note à la fin du chapitre.
Michillimackinac pour en faire part officiellement aux nations d'en haut, dont la fidélité fut ainsi raffermie ‘. Profitant de l'impression produite, le gouverneur général aurait voulu poursuivre ses avantages en attaquant Boston et New-York; mais il lui fallait pour y réussir des secours de France. Il écrivit donc au ministre pour lui demander quelques renforts, et c’est La Hontan, si du moins nous devons l’en croire, qui fut chargé de porter la lettre à Seignelay *; par malheur, ce ministre venait de mourir quand la requête de Frontenac arriva en France; peutêtre, comme il était personnellement instruit par Denonville de l’importance du Canada, n’eût-il pas alors refusé le concours qui était sollicité; son succésseur au contraire, dans le trouble de ses débuts, connaissait à peine la question de la Nouvelle-France, et se donnait sans réserve aux travaux de la guerre d'Irlande, alors en pleine activité. L'occasion eût été bonne, pourtant, comme le demandait Frontenac, d'achever la déroute de « ces véritables et vieux parlementaires de Boston, de les foudroyer, ainsi que ceux de Manhatte, jusque dans leur tanière * ».
Les pertes des Anglais étaient en effet considérables; Frontenac, qui les évaluait d’abord à plus de cinq cents hommes #, dit ensuite, d’après des renseignements venus de Boston même, qu'elles atteignirent neuf cents; au mois de mai 1691, quatre vaisseaux seulement, sur les trente-quatre envoyés devant Québec, étaient rentrés au port; Phips, mal accueilli par ses compatriotes, alla demander des troupes en Angleterre. L'hiver fut, parait-il, très dur à Boston : la guerre avait accru la dette de cinquante mille livres et, pour la première fois, on établit une circulation en papier; selon la juste observation de Parkman, il en coûtait cher à cette république marchande d’avoir voulu s'improviser puissance militaire . Quoique ces faits fussent connus en France, le ministre n’envoya point en 1691 de secours extraordinaires au Canada; l’on fit seulement frapper, à Paris, une médaille commémorative; elle portait d’un côté, l'effigie de Louis XIV, roi Très
4. Nous possédons (Ar. col., C. G., Can., XI, 205 ss.) la relation de ce voyage, par Courtemanche lui-même.