‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 246 sur 316 · Relation de 1692-1693, Ar. col., C. G. Can., XII, 182 ss · texte numérisé non relu

Relation de 1692-1693, Ar. col., C. G. Can., XII, 182 ss

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que les Agniers unis aux Anglais complotaient une prochaine campagne de revanche, fit fortifier à neuf tous ses postes, ainsi que Montréal : un petit ouvrage fut élevé sur la colline qui domine la ville. En même temps, le commandant du fort Chambly, des Bergères, s’attachait à rendre impraticables les portages que suivait ordinairement l'ennemi, tactique excellente en ce pays dont les larges rivières sont coupées de rapides qu’il faut tourner !.

Les grands projets des Anglo-Iroquois, en 1693, n’eurent point de suite, et Frontenac, sur l'avis que des émissaires anglais avaient été vus aux Miamis, envoya des ambassadeurs à ce peuple pour le maintenir dans notre alliance. En même temps, pour exciter le zèle des indigènes contre l’ennemi le plus dangereux de la colonie, les administrateurs instituèrent des primes de chasse : on payait vingt écus par Iroquois prisonnier, dix pour chaque mort dont on rapportait la chevelure. Avec des adversaires pareils à des bêtes féroces, force était bien de recourir à de tels moyens; en 1694, on demandait au roi douze mille écus pour cet objet : cela suffirait, disait-on, à détruire les Iroquois ?. La prime était accordée aussi bien aux indigènes des nations d'en haut qu'aux sauvages chrétiens des missions; c'était une manière d’employer, au mieux des intérêts de la colonie, les fonds bien peu considérables dont on disposait; un état de 1691 note que cette politique revient moins cher et réussit mieux que celle des campagnes réglées avec des contingents européens; en 1693, le total des présents faits aux sauvages monte à plus de neuf mille cinq cents livres, sans compter les primes; par des dépenses de ce genre, Frontenac entretenait notre union si nécessaire avec les nations d'en haut.

En 1693, au moment même où l’on craignait, à Québec comme à Montréal, une attaque des lroquois et des Anglais, cent quatrevingt-six canots descendaient la rivière des Outaouais, apportant de grandes quantités de castors et d’autres pelleteries; les ennemis postés au confluent de l’Ottawa et du Saint-Laurent s'étaient dispersés à la vue de ce convoi, qui comptait près de sept cents hommes, dont cent soixante Français. Les Montréalais accueillirent les arrivants avec enthousiasme; les chefs indigènes étaient

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