‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 254 sur 316 · NERO · texte numérisé non relu

NERO

il voulut donc se dégager, mais il y eut beaucoup de peine, et, pour avoir été trop confiant d’abord, il passa plus tard, aux veux de beaucoup de prêtres canadiens, pour un incapable et un brouillon. La fixation des cures rencontrait les mêmes obstacles sous Saint-Vallier que sous Laval, mais de plus l’ancien évêque, qui avait obtenu de repasser au Canada et de vivre en simple prêtre au séminaire, ne cachait pas qu'il désapprouvait les idées de son successeur à ce sujet; il semble, en effet, que Saint-Vallier se soit occupé de déférer sur ce point au désir bien connu du roi, et cependant, aucune nomination de curé ne fut signée par cet évêque avant 1692 : la raison en est qu'il était alors engagé dans des discussions très vives avec le séminaire. Frontenac voyait juste, quand il écrivait au roi : « 11 y a ici des gens qui n’ont pas plus d’envie de voir l'autorité d’un évêque bien établie que celle d’un gouverneur !. »

Plusieurs questions divisaient l’évêque et les directeurs du séminaire : Saint-Vallier aurait voulu que, sur les fonds du roi, la plus grande partie allât aux paroisses par l’intermédiaire de l'évêque; que les cures ne fussent plus unies au séminaire, que ses biens particuliers lui fussent rendus; il se plaignait spécialement de deux prêtres, les abbés Glandelet et de Mézeray, dont il sollicitait le rappel en France; enfin il s’étonnait que le séminaire refusât d'acquitter la dîme pour ses terres, comme devaient le faire, d’après les ordonnances, tous les seigneurs ?. En 1690, déjà, l'évêque voulait passer en France pour exposer ses doléances au roi; l’arrivée de Phips retarda son départ et calma quelques jours les différends qui le motivaient; ce ne fut pas pour longtemps, car, sans attendre les vaisseaux du roi, Saint-Vallier partit sur un petit bâtiment au printemps de 1691 ; Frontenac note ce départ, mais sans amertume contre l’évêque; visiblement, il tient compte à Saint-Vallier des efforts qu'il a tentés; il exprime seulement le désir que, pour faciliter la fixation des cures, on rétablisse l'ancien édit sur le patronage des églises, aboli par une lettre de cachet et l’on n’exige plus d’abord des seigneurs la construction d'églises de pierre #.

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