‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 28 sur 316 · Jug. du C. S., passim · texte numérisé non relu

Jug. du C. S., passim

2, Près de Trois-Rivières.

quefois naguère le roi décernait des récompenses aux pères des plus belles familles; ainsi, à l’époque de Talon, un sieur Denis recevait 1200 livres, un autre, 800, tandis qu’on en distribuait 6000 à des officiers pour se marier !. A partir de 1672, le roi n’a plus de fonds disponibles; vainement, Frontenac sollicitera ses libéralités en faveur de divers habitants, Godefroy, par exemple, lun des premiers établis, chargé d’enfants, « pas trop accommodé dans ses affaires et qui a une fille qu’il ne peut marier faute d’avoir de quoi lui donner ». C'est désormais sur place, sans compter sur le concours du trésor royal, qu’il faudra trouver des ressources : circonstance nouvelle, qui accroit en même temps les responsabilités et les droits du gouverneur général.

Les premières relations de Frontenac avec le Conseil semblent avoir été cordiales ; dans la séance du 16 janvier 1673, qui ouvre la session de cette année, le gouverneur déclare qu'il ne demande la prestation du serment que pour satisfaire à la coutume, car il est sûr de la fidélité, de la bonne volonté de tous les membres du Conseil; une vacance s’étant produite, il y a nommé « une personne qui se conformait à leurs exemples »; il insiste sur la nécessité de rendre aux plaideurs justice impartiale et prompte ?. L'année suivante (15 janvier 1674), la cérémonie a lieu dans les mêmes conditions; Frontenac ne trouve que des éloges pour le travail consciencieux des membres du Conseil; il ajoute simplement qu’une union générale est plus nécessaire que jamais, au moment où la conquête récente de New-York, reprise aux Anglais par les Hollandais *, peut avoir un contre-coup chez nos voisins les Iroquois. Le 7 janvier 1675, le ton n’est plus tout à fait le même; Frontenac parle de « choses un peu surprenantes qui se sont passées, de conseillers qui auraient préféré de certains intérêts à ceux de Sa Majesté » “. Il fait allusion aux procès de l'abbé de Fénelon et de Perrot *, pour lesquels il ne trouva point, chez tous les conseillers et chez Villeray particulièrement, le concours qu'il aurait souhaité. Quelques-uns lui en voulaient, écrit-il à

dr eo 10 GICan ss 2. Jug. du C. S., I. 707.

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