Gosselin, loc. cit
doute mieux valu que l'évêque de Québec montrât plus de modestie et de discrétion !.
La présence de Ms Laval dans la Nouvelle-France est officiellement constatée par les documents du Conseil Souverain, à la date du 16 septembre 1675, où l’évêque vient assister à l’enregistrement des lettres patentes nommant l’intendant Duchesneau; et il figure encore à la séance du 23 septembre, où sont enregistrées les diverses lettres portant réorganisation du Conseil; il est nommé dans ces deux circonstances immédiatement après le gouverneur géneral, et, dans les réunions ultérieures, on le voit souvent prendre place au Conseil dans les mêmes conditions *. Colbert n’aimait guère cette assiduité; dans une lettre à l'intendant, il s’informe si l’on ne pourrait dissuader peu à peu l’évêque de venir au Conseil; «c’est un homme de bien, ajoute-t-il, maisil affecte une domination qui passe de beaucoup au delà des bornes que les évêques ont dans tout le monde chrétien et particulièrement dans le royaume * ». Le ministre, en sollicitant le concours de Duchesneau, s’adressait mal; lui-même reconnut bien vite que cet intendant était le complaisant serviteur de l’évêque, et le blâma de se laisser ainsi dominer . Toutefois, pour ce qui est des préséances au Conseil Souverain, aucune difficulté ne semble avoir surgi entre le gouverneur et l’évêque; c’est plutôt l’intendant qui se serait plaint au début de venir après l’évêque, puisque Colbert lui rappelle formellement qu’il n’a, dans cette assemblée, que le troisième rang 5.
Mais, sur le fait des honneurs dus pendant les offices, Frontenac ne put s'entendre avec Mer Laval. Sur quoi portait le débat? Nous ne le savons pas exactement; car les documents qui nous restent des années 1675 à 1677 sont fort incomplets 5; peut-être s’agissait-il, comme plus tard entre Callières et l’évêque Saint-Vallier, de la place d’un prie-Dieu; peut-être de la manière de présenter
. Garneau, I, 188-89.
. Jug. du C. S., I, 987, 989, 1002, etc.
. 4f mai 16717, Clément, III2, 620.
. 16 mai 1618. Id., id., 633.
. 4% mai 1671. Id., id., 621.
. Ar. col, C. G. Can., IV et V; M.S. M., II et III. La Bib. Nat. possède (Æ. Clairambault, 1016) un mémoire de Frontenac (1611), rempli d’accusations contre le clergé, qui est peut-être la lettre annuelle du gouverneur général. Cette pièce est publiée par Margry, I, 3014 ss.