‹ Le Comte De FrontenacÉtude Sur Le Canada Français À La Fin Du XVIIᵉ SiècleChapitre 98 sur 316 · CO NO · texte numérisé non relu

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il les avait trouvés dans l’affaire de Fénelon, trop peu empressés à servir ses desseins, quoique le séminaire de Montréal ait montré la correction la plus parfaite en cette circonstance; dans son mémoire de 1677, il leur reproche d'agir trop librement à Montréal, et notamment d’avoir déposé le juge de cette ville, d’Ailleboust, qui ne leur est pas favorable. Mais cette mauvaise humeur n'eut qu'un temps. La Salle, dans son voyage à Paris, en juillet 1678, noua les relations les plus amicales avec les abbés Tronson et Dollier, supérieurs de l’ordre; il leur assura, de la part du gouverneur général, que celui-ci ne « désirait rien tant que de bien vivre avec ces Messieurs du séminaire ! ». La paix fut certainement rétablie; en 1679, Frontenac se louait du zèle des Sulpiciens à franciser les sauvages? et, en 1681, l'abbé Tronson parlait de créer des missions sulpiciennes à Niagara et sur le Mississipi *; de tels projets n'auraient pas été possibles, s’il n’y avait eu alors entente cordiale entre Saint-Sulpice et le gouverneur général.

Mais si les Récollets se heurtaient à la résistance de M£ Laval, si les Sulpiciens ne développaient guère leurs anciens établissements, les Jésuites, du moins, soutenus par l’évêque et l’intendant, ne cessaient de s’agrandir : un acte royal du 12 mai 1678 portait confirmation et amortissement de toutes les concessions antérieurement faites aux Jésuites du Canada, pour « être tenues en mainmorte et exemptes de tous droits, à condition toutefois qu’ils mettent toutes les dites terres en culture et valeur dans quatre années à dater des présentes ». Dans une énumération qui précède, on voit que les Jésuites avaient alors des domaines à Tadoussac, à Québec, des deux côtés du Saint-Laurent, à Trois-Rivières, à la Madeleine de Montréal “. Ce dernier établissement fut, peu de temps après, augmenté : l’intendant accorda, pour les Iroquois de la Madeleine, des terres au Saut-Saint-Louis; car on venait de découvrir que le sol de la Prairie ne se prêtait pas à la culture des grains que les sauvages ont l'habitude de semer *. Frontenac trouvant cette

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