‹ Le comte de Gabalis, ou, Entretiens sur les sciences secrètesChapitre 7 sur 17 · ANNEXES XLVII · texte numérisé non relu

ANNEXES XLVII

Mauritanie, qui pouvait compter entre ses ancêtres ceux-mêmes de Jupiter, car le Ciel qui estait père de Saturne le fut aussy de Japet qui fut père d'Atlas surnommé le très grand.

« Ce comte illustre par sa naissance le fut encore davantage par les excellentes et divines qualités de son esprit, car ayant joinct la science des Egyptiens et des Hébreux qu'on appelle Cabale à l'astrologie qui était comme héréditaire en sa maison, il y joignit encore toutes les connaissances que les démons, c'est-à-dire les Esprits de l'air, de la terre et des eaux, peuvent donner aux hommes, ayant conservé une estroite familiarité avec eux jusqu'à la fin de sa vie. Un jour qu'il fut transporté en la caverne de Typhon qui n'est pas fort esloignée des sources du Nil, du costé de la Libie, par une jeune Sylfe qui avait conçu une forte passion d'amour pour luy, il y trouva une Salamandre qui après un long discours qu'elle luy fit de la nature des Estres spirituels de leur naissance et de leur mort.

« Je suis sur le poinct vadjouta-t-elle) de voir finir une vie qui a désia duré neuf mil sept cens quinze ans et qui doit aller jusqu'à neuf mil sept cens vingt ans, qui est l'âge des demy-dieux. Voicy, comte, un présent que je vous fais dont vous ne connoistrez bien le prix qu'après que vous l'aurez gardé quelque tems. Je vous prie de l'estimer pour l'amour de moy ; puis elle disparut. C'estait des secrets merveilleux escrits sur des escorces d'arbres, en langue Egistienne que la belle Sylfe lui expliqua et d'où il a tiré i'excellent livre que vous allez voir. Si vous ne vous en tenez pas au témoignage qu'il rend luy-même de cette avanture, je n'ay point d'autre preuve pour vous en

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