‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 13 sur 422 · CAMPAGNE DE 1747 EN PROVENCE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 1747 EN PROVENCE

Paris à Lambesc seulement, il ne prit pas moins de dix journées d'autant plus fatigantes que les voyageurs les passaient non pas en Toiture, mais à cheval, non pas sur des bétes de choix et d'allure douce, mais sur des bidets de poste qui secouaient rudement leurs cavaUers. Cependant chaque matin, le premier qui se montrait, les guêtres bouclées, tout prêt à partir, c'était le petit comte. Royal-Barrois avait été appelé de Flandre en Provence; il était cantonné à Brignoles; la première visite de Tenfant fut pour son régiment; quoiqu'il ne dût pas le commander, il était bon qu'ils fissent connaissance avant de se rencontrer sous le feu l'un et l'autre. En attendant les coups de fusil, le comte de (îisors servait de secrétaire au maréchal; par tout ce ■ qu'il voyait, écrivait ou entendait, il apprenait que I toute la guerre ne se fait pas sur le champ de bataille, qu'avant l'action beaucoup d'apprêts sont indispensables, et que la réflexion, la méthode, l'ordre, l'exactitude sont des qualités essentielles chez un homme de guerre. Enfin tout fut prêt et l'on marcha en avant; il vit alors les dispositions qu'un général a^^^é fait de ses troupes suivant l'objet qu'il veut atteindre ; colles que le maréchal avait imaginées pour le passage du Var étaient particulièrement remarquables, et quoique l'ennemi, dans la journée du 3 juin, n'y eût point fait d'obstacle, leur valeur, aux yeux des bons juges, n'en était point pour cela diminuée. Les Autrichiens se retiraient, mais ils laissaient des sièges à faire : Montaiban, Villefranche, Vintimille. Ce fut alors que le comte de Gisors cessa d'être un enfant pour devenir un soldat. Il se comporta bravement, les trois places furent réduites, et le cardinal de Tencin put écrire sans flatte-

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rie au maréchal de Beile-Isle : « Vos opérations réussisseot h souhait et la boDoe conduite de H. le comte de (iisors doit mettre le comble à votre contentement ' . »

L'un des principaux objets de la campagne était la délivrance de Giînes que les Aulrichieus, unis aux PiémoQtais, tenaient assiégée. Entre les racines de l'Apennin et la mer la route était bien étroite, bien pénible, bien favorable à la défensive, et le cheminement bien long en conséquence. Afio de diviser les forces de l'ennemi et de diminuer d'autant sa, résistance sur le littoral, les deux frères de Belle-Isle avaient Imaginé une diversion par les Alpes qui ne pouvait manquer de rappeler les Piémontais sur leur propre territoire. Ce fut le chevalier qui se chargea de l'enlreprise. Ce qui avait fait le malheur de l'armée française en Italie, l'année précédente, c'était l'obligation de concerter ses mouvements avec ceux des troupes espagnoles qui combattaient avec elle, et m^me d'y subordonner les siens, car, par une bien funeste raison de convenance, c'était l'infant Don Philippe, gendre de Louis XV, qui était le général en chef des , armées réunies, et ses lieutenants espagnols avaient ' grand soin que son commandement ne fût pas seulement nominal. Celui qui l'exerçait alors, le marquis de [ La Mina, ne manquait pas de contrarier les projets du maréchal de Belle-Isle; la diversion par les Alpes siu*tout lui faisait jeter les hauts cris ; on lui demandait d'y concourir par quelques troupes de soutien ; il s'y refusait avec obstination. « Je ferai encore demain une

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