‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 233 sur 422 · BONNE CONDUITE DE M. DE GISORS · texte numérisé non relu

BONNE CONDUITE DE M. DE GISORS

Cette lettre est du 22 septembre; le lendemain, le colonel du régiment d»^ Champagne donnait un exemple public (^t trop rare parmi les chefs de corps de ce qu'exigeait de zèle et de fermeté le maintit^n de la discipUne.

Un désordre général avait eu lieu dans la ville de Wolfenbttttel ; le magasin de paille avait été pillé ; par punition, les hommes avaient dû coucher dans le camp sur la terre nue. Tout le monde murmiu-ait : M. de Gisors fit venir les sergents de Champagne; il leur dit qu'il s'occuperait toujours du bien-être de ses hommes, mais que le premier qui se plaindrait serait mis aux fers, l'esprit d'un régiment comme le leur devant être de supporter gaiement les peines du métier, a Cela fait, c'est M. de (Jisors qui paile, j'ai envoyé chercher le lieutenant qui étoit à la paille ; il m'a avoué que nos soldats, voyant que les autres pilloient et attendant depuis une heure le garde-magasin , avoient fini par suivre le mauvais exemple. Je lui ai demandé s'il avoit mis l'épée à la main et l'avoit passée au travers du corps de quelqu'un. N'en ayant rien fait, je l'ai envoyé aux arrêts et me suis rendu chez M. le maréchal qui , tandis que tout le monde se justifioit, a été bien surpris que je vinsse m'accuser et m'a beaucoup loué de la justice que j'avois faite, me proposant pour exemple aux autres. De crainte que cela n'excitât jalousie, j'ai eu grand soin d'assurer que les autres officiers s'étoient mieux conduits que le mien qui étoit im jeune homme sans fermeté et sans expérience ' . »

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