M. DE GISORS GOUVERNEUR DE METZ
c'était ici la jeunesse de repensée ; elle n'avait pas treize ans.
Au point de vue des honneui*s, le mariage du comte de Gisors lui avait apporté mieux qu'ua titre. Le mai-échal de Belle-Isle avait obtenu du roi la permission de transmettre à son fils, avec tous ses droits et avantages, sauf le commandement militaire, le gouvernement de Metz et des Kvéchés ; quelque temps après il obtint du roi de Pologne, en ce qui touchait la lieutenance générale de Lorraine et de Bar, la même grâce ; c'était entre les deux charges un bénéfice immédiat de cinquante-deux mille li\Tes de rentes pour le jeune gouverneur et lieutenant général *. Le maréchal de Belle-lsle le mena hii-mtMne à Commercv faire son remercîment et prêter le serment qu il devait au roi de Pologne, mais il le laissa tout seul faire son entrée à Metz, et il n'assista que comme duc et pair à la réception solennelle que le parlement messin fit au nouveau gouverneur. « Je jouis, écrivait le maréchal au comte d'Argenson, de la satisfaction de voir que la grâce distinguée et prématurée que le roi a faite à mon fils et à laquelle vous avez tant contribué, a été infiniment agréable et aux habitants de cette ville et en général dans toute la province ; après quoi il reprendra avec la même exactitude ei la même application les devoirs et les fonctions de colonel, et j'espère que les récompenses prématurées ne serviront
1 . Les provigions du gouvernement de Metz au nom du comte de Gisors sont datées du 9 mai 1753 ; celles de la Ifpulcnance générale de Lorraine lui ont été délivrées par le roi de Pologne, le 3 Juillet, et confirmées par le roi de France le 31 juillet suivant. — V. Mémoires du duc de Luynes, t. XII, p. i4G.
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