‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 28 sur 422 · CHAGRINS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAGRINS DE FAMILLE

grandes choses sont sacrifiées partout à des paurretés. Je plains bien celui qui aura à écrire les négociations importantes, les vues et les mesures du temps où nous sommes; il aura bien du talent s'il en fait un morceau curieux et instructif pour la postérité *. »

Le comte de Gisors avait vu des étrangers en France; il était bon qu'il vît les étrangers chez eux. Il devait commencer par l'Italie et accompagner son beau-père qui était sur le point de retourner à Rome ; un triste événement empêcha ce premier voyage. Le fils unique du duc de Nivernais, tout près d'achever sa huitième année, tomba tout à coup et très-gravement malade. «Mon cher père, écrivait de Paris, le J8 septembre 1753, M. de fiisors au maréchal de Belle-Isle qui était à Metz, je ne puis vous peindre la désolation qui règne ici dans le moment où je vous érris. Madame do Niveraois, à genoux au coin du feu, prie Dieu fondant en larmes; M. deNivernoisà l'autre coin est, la tête penchée en avant, plongé dans un abattement «ifFreux. Le petit malade, qui est dans la chambre voisine, ne cesse de se plaindre ; tout le dégoûte ; ce n*est ni la fièvre ni le mal de gorge qui inquiètent ; il est brûlé par un feu intérieur, sans que les médecins, qui assurément y mettent toute leur application, sachent trop ce que c'est; ils m'ont paru sortir assez mécontents ce matin. Je passe ici les journées entières, hors depuis cinq heures jusqu'à huit que j'ai été ces jours-ci répondre, à l'hôtel de Belle-Isle, à un grand nombre de lettres que j'ai laissées arriérer à Metz... Je sens le prix de toutes vos bontés pour le régiment de Champagne et du plaisir que vous vous

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