TRIBUNAL DES MARÉCHAUX DE FRANCE
minant la correspondance militaire de la campagne de 1757, trouva des lettres particulières du comte de Maillebois au marquis de Paulmy, sou beau-frère, et que celui-ci, en quittant le ministère, avait eu l'imprudence de laisser panTii les papiers de son département; ces lettres étaient la condamnation même de l'ancien chef d'état-major du maréchal d'Estrées*. Le roi, sur Tavis du maréchal de Belle-lsle, déféra la conduite du comte de Maillebois au tribunal des maréchaux de France.
L'affaire fut portée devant eux le 19 mai 1758, et le lendemain le ministre de la guerre en faisait connaître au comte de (llermont le résultat par la lettre suivante : « Votre Altesse Sérénissime a certiiiuemeut ouï parler d'un mémoire anonyme fait par M. le comte de Maillebois contre le maréchal d'Estrées ; ce mémoire a depuis été avoué par le maréchal de MaiUebois. La subordination est si fortement blessée , la forme d'une espèce de libelle répandu sans permission , son contenu, tout a paru si grave que, sur la plainte qu'en a portée le maréchal d'Estrées au roi , Sa Majesté a cru devoir y faire une sérieuse attention ; mais avant de prendre un parti , elle a souhaité que le tout fut conamuniqué au tribunal des maréchaux de France, pour avoir leur avis. L'assemblée s'est faite hier; j'ai eu ordre du roi d'y
1. Nous en avons donné les extraits les plus imporlanls dans le rëcU de la lampagne de 1757. On peut consulter sur loule celle affaire une notice manuscrite sur le comte de Maillebois, placée en tête du recueil do la correspondance du comte avec Paris Duverncy, et dont l'auteur parait «^Ire le prince de Monlbarey, qui Tut d'abord adjoint au ministre de la guerre, puis ministre en titre sous Louis XVI de 1776 à 1780. Le prince de Montbarcy avait été camarade de collège du comte de Gisors.