L'ŒUVRE LITTÉRAIRE DU COMTE DE T. A TOURAILLE
désir exprimé par le roi, le 17 juillet L789 (I). Le comte de la Touraille, fidèle oourtisan du malheur, l'accompagna jusqu'à la frontière pour assurer el protéger son départ; mais il se refusa à quitter La France; son âge, soixante-dix uns. l'empêchanl de défendre à l'étranger la cause de son roi el d< patrie. Il se retira d'abord à Metz, puis il du1 se cacher dans un viNage, près <l<i Thionville, nommé. Guénétrânge. Ce l'ut de cette retraite qu'il lit rééditer, eu lT'.m, son Recueil de gaîtc r/ de philosophie. Il se rendait compte alors, («mime le prouvent plusieurs corrections et plusieurs notes, du mal irréparable que les utopies de ses anciens amis les Philosophes avaienl fait à la France, où tout s'effondrait, après avoir été ébranlé par les ricanements de Voltaire. L'édifice, sapé dans ses fondements par lu Franc-Maçonnerie, privé par les fautes de la monarchie de ses deux étais nécessaires, la religion et L'aristocratie, s'écroulail tout à coup, écrasanl sous ses ruines ceux-là mêmes qui, inconsciemment peut-être, avaienl tra vaille à le détruire.
Le comte de la Touraille fut l'une de ces victimes.
Son (ils, Louis, lieutenant au 3° dragons, ayant quitté ce régiment en avril 1793 pour rejoindre l'armée des Princes, le comte de la Touraille lut arrêté comme père d'émigré, amené à Paris, condamné par le tribunal révolutionnaire, et guillotiné sur la place Louis XV, le !» thermidor an II (27 juillet 1794), avec quarante -trois autres victimes.
Le lendemain avait lieu l'exécution de Robespierre et de ses complices.
Le comte de la Touraille avait soixante-quatorze ans.
(I) Le prince de Condé, alors , tiquante- trois ans, se retira d'abord à
Worms, où il l'ut bientôl rejoinl par une roule d'officiers émigrés,qui formèrent sous son commandemenl l'Armée des Princes i, laquelle combattit sur la frontière «lu Rhin, en 1792 <■( i:93, puis en Autriche, jusqu'à l.i paix de Campo- Formio, signée en mai 1797. Condé s,' relira alors en Russie, puis en Vngletenv . La Restauration lt> ramena à Paris, puis à Chantilly, où il mourut, le 13 mai is 1 8. 11 avait eu pour petit-fils 1«' malheureux duc d'Enghien, assassiné par Napoléon, l'1 20 mars 1804, et pour tils le duc de Bourbon, dernier prince de Condé, a fine par les d'Orléans, le 21 août 1830.