‹ Le Comte De Monte-Christo Par Alexandre DumasChapitre 6 sur 35 · LA MAIN OE DIEU · texte numérisé non relu

LA MAIN OE DIEU

— Mais qai donc êtes-vous, alors ? demanda Caderousse en fixant ses yeux mourants sur le comte.

— Regarde-moi bien ! dit Monte-Christo en prenant la bougie et en l'approchant de son visage.

— Eh bien ! Tabbé... Tabbé Busoni...

Monle-Chrislo enleva la perruque qui le défigurait, et laissa retomber les beaux cheveux noirs qui encadraient si harmonieusement son pâle visage.

— Oh ! dit Caderousse épouvanté, si ce n'étaient ces cheveux noirs, je dirais que vous êtes l'Anglais, je dirais que vous êtes lord Wilmore.

•— Je ne suis ni l'abbé Busoni ni lord Wilmore, dit Monte-Chrislo ; regarde mieux, regarde plus loin, regarde dans tes premiers souvenirs.

11 y avait dans ces paroles du comte une vibration magnétique dont les sens épuisés du misérable furent ravivés une dernière fois.

— Oh ! en effet, dit-il, il me semble que je vous ai vu, que je vous ai connu autrefois.

— Oui, Caderousse, oui, tu m'as vu ; oui^ tu m'as connu.

— Mais qui donc êtes-vous alors? et pourquoi, si vous m'avez vu, si vous m'avez connu, pourquoi me laissez-vous mourir?

-— Parce que rien ne peut te sauver, Caderousse; parce que tes blessures sont mortelles. Si tu avais pu être sauvé, j'aurais vu là une dernière miséricorde du Seigneur, et j'eusse encore , je te le jure

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