‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 12 sur 82 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MEnCÉDÉS debout, MOME-CRISIO.

iiEKcùuÉs, d'une voix émue.

M . le comte de Monte-Cristo nous fera-l-il

la f,'nicc de demeurer le reste de la journée

avec nous?

MOME-CniSlO.

Merci, madame, et vous me voyez, croyezle bien, on ne peut plus reconnaissant de votre oflre. Mais je suis descendu ce matin à votre porte de ma voilure de voyage. Comment suis-je installé à Paris? Je l'ignore. Oii le suis-je? Je le s lis à peine. C'est une inquiétude légère, je le sais, mais appréciable, cependant.

.«ERCÉDKS.

Nous aurons ce plaisir une autre fois, au moins, vous me le promettez (Elle sonne.) Dites à mon fils que M. le comte va se retirer. MOTE-CRisTO, rpgard.int le porirait du comt-.

C'est le portraitdc M. deMorcerf, madame?

MEltCÉBÈS.

Oui, monsieur.

11 porte l'uniforme grec?

JIEItCÉDÉS.

Mon mari a clé trois ans au service d'.\li Tebelin, pachadeJanina, un des derniers serviteurs qui lui soient restés fidèles, et il avoue fièrementque notre peu de fortune nous vient des libéralités que ce grand homme lui a faites par reconnaissance au moment de sa mort.

MOME CRISTO, s'inclinant du colé de SIercédès.

ouant à celui-ci, madame?

MERCEDES

Vous le vo\ez, c'est le mien. Le mien quand j'étais jeune, hélas!

JI0>TE-CItl9T0.

C'est un costume de fantaisie que vous portez là, si je ne me trompe, celui de la petite colonie de Catalans qui est aus environs do Marseille.

MnncÈDÈs.

Oui, M. le comte m'a vu? autre'ois sous ce costume, et depuis mon mariage, il a désiré avoir ce portrait comme un souvenir.

.«OXTE-CBISTO.

Je comprends : quiconque vous a vue sous ce costume, madame, a du ne pas vous oublier.

OOOOCOOO^tOOOOOCOO;>OOOOOOOÛÛOOOOOOQOOCdOOOOOOO 00000

SCÈNK I\.

Les .MÈ.MES, ALBERT.

ALBERT

Me voilà, ma mère.

MEittiiui.s, toinh.nif sur un f.iutcuil.

11 était temps, j'étouffe !

ALBERT

Comment! vous nous quittez déjà, mon cher comte ?

J'ai fait valoir près de madame la comtesse, pour ce prompt départ, des motifs qu'elle a bien voulu apprécier.

Al.fERT.

.allons donc, je ne vous reliens plus, ie ne veux pas que notre reconnaissance devienne une indiscrétion ou une imporlunité. Mais laissez moi essayer, je vous prie, de vous rendre à Paris, votre hospitalité de Rome. Permettez que je mette mon coupé et mes chevaux à votre disposition, jusqu'à ce que vous ayez eu le temps de monter vos équipages.

MONTE^RISTO.

Merci, mille fois, de votre obligeance, vicomte, mais je pense que M. Bertuccio, mon intendant, aura convenablement employé les cinq jours pendant lesquels il a du me procéder, et je dois trouver à la porto une voiture quelconque toute attelée. Seulement, ditesmoi, suis-je bien loin de la rue du Mont- Blanc ?

ALBERT

.\ cent pas. Vous allez rue du Mont-Blanc en sortant d'ici ?

Oui, chez M. Danglars, un banquier.

MERCEDES, vivement.

Vous connaissez M. Danglars?

Non, madame, pas le moins du monde, je ne connais personne, j'ai des lettres de crédit sur lui, voilà tout. Il est bon ?

ALBERT

Excellent! (A demi-voix.) C'est mon futur beau-père.

Oh ! comme cela se trouve, mes relations d'argent el mes relations d'amitié ne sortiront pas de la famille.

ALBERT

Merci !

Mo>TE-CRisTO, s'incUnant.

Madame!

ALBERT, il veut riiccomiiagner.

Permettez, cher comte...

MOJiTE-CRisTo, l'aFiêtant.

Oh! par exemple! (Iisoit.)

Page 1