‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 14 sur 82 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

.MONTECIUSTO, CEHTl'CClo, AM.

MONTKCnisrO.

M. Bcrhiccio, j'ai vu de pauvres marlircs dans celte antirhamlire que je viens de traverser. J'espère c^i'on m'enlèvera tout cela. Bi inrccio.

F.xccrpncr, je n'ai pas eu le temp-'.

.MOMi.ciiisro.

M. Bertuccio, voilà un mut que je ne permets pas de prononcer à un homme que j'ai envoyé cinq jours avant moi à Pans, avec cinq cent mille livres. Le temps, c'est l'arpent, .VI. Bertuccio.

BEnTirCClO,

Maif, monseigneur, je n'ai pas tout dépensé, il me reste deux cent mille livres.

MOME CKISTO.

Eh I Monsieur, il TaKait dépenser vos deux cent mille livres jusqu'au dernier sou , et ne pas me compromettre avec de pareils marbre-^, V ous avez un reste de lésinene corse, mon cher -M. Bertuccio, qui me fait sauter au plafond.

BER I ICCIO.

El le salon, monseigneur en est-il plus sasisfait au moins ?

.MOTE-cmsro.

Maintenant j'ai quelques ordres à vous donner.

BEKTUCCIO.

Parlez, excellence.

SIO.VTE-CBISTO.

Appch?z Baptislin.

BEUTiccio, à BaptisUn. ,

Venez.

■UOTE CRISln.

M. Baplistin, depuis un an vous êtes à mon service; c'est le temps d'épreuve quc^ j'impose d'ordinaire à mes gens: vous roc convenez, (Baplistin s'iociine) reste à savoir maintenant si je vous conviens?

B.VPTISTÎN.

Ohl Excellence !

MOMC-CBISTO.

Ecoutez jusqu'au bout, Vuus gaiinorez par an di^ux mille liu-es, c'est-à dire la solde d'un bon et brave oflic er ([ui risque t us les jours sa vie. Vous avez une table telle (jue beaucoup de malheureux serviteurs de l'Etat, infiniment plus occupée que vous, en désireraient une pareille. Domestique, vous avez vous même d'!> domestiques qui ont soin de votre linge, de voseffels.Outre vos deux mile livres de gage-, vous me volez sur les achats que vous faites

sur ma toil''tto à peu près mille autres francs par ail.

BArnsTiN.

Oh! E.xccllenco!

MONTi-CRISlO.

.le ne me plains pas, monsieur Rapti^tiii. Cependant, je désire que cela s'arrête à ce point. Vous ne trouveriez donc nuUe part une condition pareille à colle que votre bonne fortune vous a donnée. Je ne b-its jamais mes gens, je ne jure jama's, je ne me mets jamais en colère, je pardonne (oujouis une erreur, jamais une négligence ou un oubli; mes ordres sont d'ordinaire courts, mais clairs et précis; j'aime mieux les répéter à deux fois et même à trois, que de les voir mal intcriirétés. Je suis assez riche pour savoir tout ce que je \cux savoir, et je suis fort curieux, je vous en préviens; si j'apjirenais donc que vous ayez parlé de moi on bien ou en ma', commenté mes actions, s»irvrillé ma conduite, vous sortiriez de chez moi à l'instant mémo. Je n'avertis jamais mes domestiques qu'une fois; vous voilà averti aUoz {B;ipéstin s'incline vl s'apprête à sortir.) A propo-!, j'oubliais de vous dire que chaque année je place une certain» somme sur la tète de mes gens, ceux que je renvoie perdent nécc.ssairtmeni cet argent, qui profite à ceux qui restent. Voilà un an que vous êtes chez moi, votre fortune est commencée, continuez-là.

(.VU enire.)

B.tPTISTIN.

Je tâcherai de me conformer eu tout poiiil aux désirs de Votre Excellence: d'ai'Ieurs, je me modèlerai sur M. Ali.

MOME-CRISTO

Oh I pas du tout, AU a beaucoup do défauts mêlés à 8*^8 qualiiés; ne prenez donc pas exemple sur lui, car Ali est une exception, .■Vli n'a point de goges, Ali n'est pas un dcmesticpie, c'est mon esclave, c'est mon chien. Si Ali manquait à son devoir, je ne le chasserais pas, je le tuerais. Vous doutez"? N'est-ce point vrai, Ali? (Ali s'appr.cho, met un gc?nou en te rc et ba'serespeclueiiscment lamnin defon niait c.) Maintenant, Allez. (Ali et Bjptistin snrteiit.)

SCÈiNE I!.

MO.NTE-CRIPTO, BERTUCCIO.

MOME-CRISTO

Et maintenant vous dites que vous avez logé Hdvdée dans cette aile de bâtiment? <-Ji

Page 1