‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 43 sur 82 · ACTE m. V TABLE Al', SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE m. V TABLE Al', SCÈNE Vil

llANGLARS.

Oui, jo comprends, votis vous Tlos fait violence.

ALBEIIT.

Jo me suis fait violence, c'est le mol.

DAiSCLARS.

Iv-:t-cc aprù; avoir su le chiffre de la dol ou auparavant?

Ai.nrRT.

Monsieur, j'aurai du cliel de mon père cinquante mille livres de rente, à peu près, Voilà ma réponse, mon père a commencé comme simple soldat, et...

DANGLARS

Pardon, mon bon ami, mais tout le monde n'a pas eu les occasions de faire fortune qu'a eues votre père.

ALBERT

(Jue voulez-vous dire"' monsieur.

DAXGLARS.

.io veux dire qu'il n'y a jamais eu, et (;u'i' n'y aura probablement jamais qu'un Ali- Tebelin.

ALBFRT.

Vous l'entendez, Bcaucliamp, U avoue, il se dénonce.

DAXf.I ARS.

J'avoue quoi? Je dénonce qui?

ALBERT

Monsieur, vous nous rendrez raison de de l'outrage que vous venez de nous faire.

DAXGLARS.

Je vous rendrai raison de ce que je ne veux pas donner ma fille au fils du colonel Fernand Mondego, instructeur des troupes d'Ali-Pacba?

ALBERT

Monsieur, il n'est pas ici question de mariage, il est question...

DANGLARS-

Dé l'article de ce matin, n'est-ce pas ?

ALBr.BT.

th bien ! oui.

DANGLARS

En vérité! Et vous venez vous en prendre à moi de cela? Étes-vous fou? Est-ce que je sais l'histoire grecque, moi ? est-ce que je connais Ali Tebelin ? est-ce quej'ai voyagé dans tousccs pnys-là ? Est-ce que c'est moi qui ai conseillé ;'i votre père do vendre les châteaux dont la garde lui était confiée, de trahir?...

ALBERT

Silence! monsieur, silence!

BEAUCIIA.WP.

Albert! Albert!

(Pendant co temps, Ip ilomo3lir|ue l'st revenu et a remis le journni à Debroy )

DANGLARS, à Dchray.

Eh bien! cela v est-il?

Oui.

daxgiars.

Bon.

ALBERT

Je vous disais donc, monsieur, que, me regardant comme insulté par vous, non-seule mont dans le refus fait.i mon père, mais dans ce que vous venez do dire, jo vous disais donc que je veux une satisfaction de la double insulte, que cette satisfaction je l'aurai, ou bien...

DEBRAV.

Vicomte !

ALBERT

Donnez-vous votre procuration ù M. Debray? baron, et désirez-vous que ce soit à lui

que j'aie affaire?

DANCIARS.

Monsieur, si vous êtes venu ici pour me chercher une querelle, pour me dresser un guet apens, prenez garde, car je vous préviens que je ferai de tout ceci une afl'aire de procureur du Roi.

ALBERT

Vous vous trompez, monsieur, je ne me .suis adressé à M. Dcbray, que parce qu'il m'a paru vouloir intervenir dans notre discussion, mais puisque vous réclamez la priorité...

UANGLARS.

Monsieur, je vous avertis que, quand je trouve sur mon chemin un dogue enragé, jo le tue. Or, si vous êtes enragé et que vous tentiez de me mordre, je vous tuerai sans pitié. Tiens ! est-ce ma faute si votre père est déshonoré, moi''

DEBRAY

Baron !

ALBERT

Déshonoré!

UAWGLARS.

Est-ce ma faute si les journaux nomment en toutes lettres le comte de Morcerf ?

ALBERT

Tu mens, ils ne le nomment pas.

DANCLARS.

Le journal du malin, non. Mais ceux du soir, si.

ALBERT

Ceux du soir?

DANCLARS.

l-'.h! lisez pardicu !

(11 lui met le journal sous le nrz.)

ALERRT, ehanccl.int.

Mon Dieu! Beauebamp disait-il vrai, et ne suis-je pas au bout. (Lis,inl.) «L'officier IVan- » çais dontparlait ce matin Vlmpartiat, et qui,

» non-seulemenl vendillcscbiteauxdoJanina, » mais encore livra son bienfaiteur, s'appelait, » en elTet, à cette époque Fernand, comme le I) dit notre honorable confrère; mais, depuis, il » a encore ajouté, à son nom de baptrme, un » titre de noblesse et un nom de terre. Il )) s'appelle aujourd'hui le comte de Morcerf, » et fait partie de la Chambre des Piirs. »

DA>GLABS.

Eh bien! est-ce clair?

AI-BEKT.

Aussi clair que tout ceci, monsieur, vient de vous.

DANGLAnS.

Eh bien, au bout du compte, quand cela viendrait de moi, il me semble que, lorsqu'on marie sa fille à un jeune homme, on peut bien prendre des renseignemens sur la l'amille de ce jeune homme; c'est non-seulement un droit, mais un devoir.

ALBERT

Bien ! conlinuez, monsieur. Alors, c'est vous qui avez écrit à Janinaï

DANGLARS

Quand j'aurais écrit?

ALBERT

C'est à vous que les attestations ont été adressées?

DANGLAItS.

Eh ! monsieur!...

ALBERT

Oh ! il faut me répondre.

DANGLARS

Eh bien ! si j'ai écrit, monsieur, c'est qu'on m'a donné le conseil d'écrire.

ALBERT

Ah! l'on vous a donné ce conseil?

DANGLARS

Eh! certainement! Je parlais du passé de votre père, moi; je disais que la source de cette fortune était toujours restée obscure. Alors la personne à laquelle je m'adressais m'a demandé où votre père avait fait fortune. — J'ai répondu : en Grèce ! — Dans quelle partie de la Grèce? — En Epire. — Eh bien! écrivez à Janina, a répondu cette personne. Et j'ai écrit.

ALBERT

La personne qui vous a donné ce conseil, je la connais?

DANGLARS

Parbleu ! C'est votre ami.

ALBERT

Vous nommez cette personne ?

DANGLARS

Vous voulez savoir?

ALBERT

Vous la nommez''

DANGLARS

Eh bien ! je la nomme le comte de Monle- Cristo.

ALBERT

C'est le comte de Monte-Cristo qui vous a donne le conseil d'écrire à Janina?

DANGLABS.

Vous en doutez?

ALBERT

Oh ! oui, je l'avoue.

DANGLARS

Eh bien! demandez à lui-mime. 11 e'-t là, dans sa loge.

ALBERT

Là! là!

DANGLARS

Oui.

ALBERT

C'est bien, monsieur, vous êtes libre.

DANGLARS

Jeune homme!

Monsieur !

DANGLARS

C'est bien, c'est bien. Vous avez trouvé voire homme, prenez-vous-en à lui.

ooooooDOOoooooooaoooogoooooQogoojooooooooooooooeaoo

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