FR.A\TZ
M. Debray, vous pouvez annoncer à M. Ii" comte de Monte-Cristo que nous nous lenon-; à sa disposition. (Beauchamp ou\if en mé.iie temps la boite aux pistolets.)
ALBERT
Attendez, messieurs, j'ai deux mots à dii' a M. le comte de Monte-Cristo.
CUATEAl'ERU.V'.
En particulier?
ALBERT
Non, monsiciu-, devant tout le monde.
cnATE.vrBunN. à Monte-Crislo.
Vous entendez?
MOXTE-CKISIO.
Que vcut-il?
CUATEAUBUt>'.
Je l'ignore, mais il demande à vous pat!'-r
StOSTE-CRISTO.
Oli : qu'il ne tente pas Dieu par (|uelqut nou vcl outrage !
LE COMTK DK iMORCEKF.
CHATEAIBIll-.v.
.le ne crois pas qui' ce suit >on inlenlion.
ALUEIIT.
Messieurs, approchez-vous, je vousprir;je désire que pas un mot de ce que je vais avoir l'honneur de dire à il. le comle de Monle- Ciisto ne soil perdu, car ce que je vais avoir rhonneur de lui dire sera répété par vous à qui voudra l'entendre, si élrange et si incompréhensible que mon discours vous paraisse.
WOTE-CBISTO.
J'attende, monsieur.
ALBERT
Monsieur, hier je vou.-i reprochais d'avoir divulgué la conduite de il. de Morcerf en £i)irc* car, si coupable que lut M. le comte de Alorcerf, je ne crovais pas que ce fût vous qui eussiez le droit de le punir, mais aujourd'hui, monsieur, je sais que ce droit vous est acquis. Ce n'est point la trahison de Fernand Mondego vis-à-vis d'Ali-Paclia qui me rend si prompt à vous excuser, c'est la trahison du pécheur Fernand enver- vous, ce sont les malheurs inouïs qui ont été la suite de cette trahison; aussi, je vous le dis, aussi, je le proclame tout haut : oui, monsieur, vous avez eu raison de vous venger de mon père, et moi, son fils , moi , le fils de Mercedes , je vous remercie de ne vous être vengé que de lui.
.MOME CRISTO, levant les y. ux au ciel avec une expression de joie infinie.
Ah! je te reconnai.'-, Mercedes.
ALBERT
El maintenant, monsieur, si vous tiouvez que les excuses que je viens de vous faire sont suffisantes, votre main, je vous prie.
Après le nié: itc si rare de l'infaillibilité qui semble être le vôtre, le premin- de tous les mérites, à mon avis, est do savoir avouer ses torts, mais cet aveu, c'e^t moi (]ui le fais, car il me regarde seul, fn ange seul pouvait sauver l'un de nous de la mort, et l'ange est descendu du ciel, sinon pour faire de nous dcu.x amis, hélas .' la fatalité rend la chose impossible, mais ,-111 moins deux hnnimes qui s'estiment.
MONTF-CIIISTO.
Voici ma main, monsieur, mais pour vous, vous entendez "> pour vous seul, (bas) et pour votre mère.
ALBERT
Merci, comte. Messieurs, vous le voyez, M. de Monte-Cristo veut bien agréer mes excuses; j'avais agi précipitamment envers lui; la colère est mauvaise conseillère. J'avais donc mal agi; maintenant, ma faute est réparée j'espère bien que le monde ne me tiendra point pour lâche, parce que j'ai fait ce que ma conscience m'a ordonné de faire; mais, en tout cas, si l'on se trompait sur mon compte, je lâcherais de redresser les opinions.
FBANTZ.
Que s'est-il donc pas.sé cette nuit, M. de Beauchamp'? 11 me semble que nous jouons ici un triste rôle.
BEAICHAJIP.
En effet, ce que vient de faire là Albert est bien misérable ou bien beau.
MOME-CBISTO.
Toujours la Providence. Oh I c'est d'aujourd'hui seulement que je suis bien certain d'é- Irc l'envoNc de Dieu.