FERNAND
Inutile. Seulement, je ferai observer aux honorables pairs que cet article, outre son caractère extra-officiel, ne porte pas de dési snatiou précise.
LE I'UÉSIDE>T.
Ccst vrai... aussi, n'eussions-nous accordé à cet article aucune attenlion... si celui qui a paru, le même soir, dans le journal VEloile , n'avait pas, en formulant l'accusation , dénoncé le nom de l'accusé. Voici le second article:
« Cet officier français, au service d'Ali, pa- » clia de Janina, dont parlait, ce malin, le «journal r/m/jiWw', et qui non seulement .) vendit les châteaux de .lanina, mais encore « livra son bienfaiteur aux Turcs, .s'appelait .) eu ffTet, à celte époque, Ternand, comme l'a M dit notre bonorable confrère, mais, depuis, » il a ajoute à ce nom de baptême un titre de 1) noblesse et un nom do terre. Il s'appelle auwjourd'hui M. le comte de Morcert, et fait » partie de la chambre haute. »
Qu'avez-vous à répondre, M. le comte?
rEHX.^ND.
J'ai à répondre, messieurs, que ni l'un ni l'autr« de ces deux articles n'est signé... que bien peu des plus braves et des plus loyaux peuventse vanter d'avoirtraversé notre époque sans avoir eu à effacer de pareilles taches... j'ai à répondre qu'aucune preuve n'est émise à l'appui de l'infùme accusation, tandis que moi, messieurs, j'ai, au contraire, mille preuves qu'Ali Pacha m'a tenu dans son amitié et dans sa confiance ,|u-:qu'au dernier moment... Voici ma commissionsignée de lui... Voicison anneau, signe de commandement, aveclcquel il cachetait d'ordinaire ses lettres, et qu'il m'avait donn'- lorsqu'il m'envoya à Constantinople pourtraitcr en son nom avec le grand Sultan... et pour que je pusse, lors de mon relour, à quelqu'heure du jour ou de la nuit que ce lut, pénétrer jusqu'à lui, fùt-il dans son harem... malheureusement, comme vous le savez, messieurs, la négociation échoua, et, lorsque je revins, mon bienfaiteur était déjà mort, mais, à son dernier moment, sa confiance en moi était encore si grande, si entière, que ce fut à moi qu'il légua sa favorite Vasiliki et sa fdle chérie Haydée.
LE rilÉSIDE>T.
Ainsi, ce fut à vous, comte, que le pacha confia, en mourant, sa fille et sa maîtresse?
lERX.VND.
Oui, monsieur... mais en cela comme dans tout le reste, le malheur me poursuivit; àmon retour, Vasiliki et sa liUe avaient disparu.
LE PRISIIH >T.
Vous les connaissiez, comte ?
EERNANU.
Mon intimité avec le pacha, et l'exlrcmc confiance qu'il avait en ma fidélité, m'avait permis de le.- voir plu<! de vingt fois.
LE vr.ÈSIDENT.
Avez-vous quelqu'idéc de ce qu'elles sont devenues?
EEIOAND.
Oui, monsieur, j'ai entendu dire qu'elles avaient succombé à leurs chagrins et peutêtre à leur misère... Comme on me savait fi • dèle serviteur du pacha, ma vie courait de grands dangers, et, à mon suprême regret, je ne pus me mettre à leur recherche.
LE l'IîÉSHUOT. '*
Messieurs, vous avczentendu et suivi M. le comte dans ses explicatioas. Ces atlaques anonvmes, si franchement, si loyalement repoussées par notre honorable collègue, vous paraissent-elles mériter plus ample information? (Muette dénégation des p^iirs.) Voulezvous vous retirer, M. le comte, nous allons
délibérer.
l'iu'issier.
L'ne lettre '.
LE PRÉSIDEM.
Donnez!
EERNAXD.
Veuillez vous rappeler, mc.-sieurs, que j'ai la preuve la plus convaincante que Ton puisse fournir contre une attaque anonyme, c'est-àdire l'absence de tout témoignage contre rna liarole d'honnéle homme... et la pureté de toute ma vie militaire.
LE PRÉSIDENT
Je regretterais que vous eussiez parlé liop tôt, comte.
FEU.NANU.
nue voulcz->ous dire, monsieur?
LE PRiiSIDFNT.
Ou plutôt, je n'en doute poini, le témoin qui se présente, et qui vient de se produire de lui-mcme, est appelé à prouver laparfaite innocence de notre collègue... Voici la lettre que je reçois :
« Monsieur le président, » la lettre m'est adressée, comme vous voyez : « A la mort » d'Ali Pachn, j'assistais à ses derniers mo- « mens, je puis donc fournir à la commission ,> d'enquête, chargée d'examiner la conduite j) de M. le général comte de Morcerf, enEpire » et en Macédoine, les renseignemens les plus » positifs.
., Je sais ce que devinrent Vasiliky et Hay- » dee; je me tiens à la disposition de lacom- » mission, et réclame même l'honneur de me
l.i: COMTE DK MOhCEUl'.
)) faire cntftndre... Je .serai dans le vcsliljiile » de la cliambre, au moment où l'on vous re- » mettra ce billet. »